ANGLE DOMINANT
Londres tranche : la défaite d'Aleksandar Vučić clôt quatorze ans de domination d'un homme fort et ouvre une ère politique nouvelle en Serbie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vučić a déclaré avoir perdu : la Liste étudiante aurait entre 135 et 140 sièges sur 250, le SNS environ 105 (The Independent).
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La participation a atteint près de 70 %, la plus haute depuis l'éclatement de la Yougoslavie en 1992 (The Independent).
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Vučić a attribué la défaite aux médias indépendants, à des ingérences européennes et à un « American deep state » (Daily Mail).
ANALYSE
Londres, 26 octobre 2026. La presse britannique parle d'un « changement politique sismique » dans les Balkans : dimanche 25 octobre, Aleksandar Vučić a reconnu la défaite de son Parti progressiste serbe face à la Liste étudiante lors d'élections législatives anticipées. Le Daily Mail décrit un scrutin devenu un référendum entre le SNS, qualifié de droite, et la Liste étudiante, conduite par le cardiologue Ilija Srdanovic. Le journal rappelle que Vučić, soutenu par Vladimir Poutine, dénonçait le mouvement étudiant comme une tentative d'éviction menée depuis l'étranger, et qu'il a dirigé le pays avec un pouvoir « virtuellement absolu » pendant quatorze ans.
La BBC, dans une dépêche mise à jour en continu, cite le dirigeant : « il est clair que nous avons perdu ces élections ». Elle le présente comme un populiste de droite et un dirigeant de longue date, rappelle que la crise est née de l'effondrement en 2024 de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui a fait 16 morts et symbolisait la corruption et la négligence, et signale une participation record.
The Independent insiste sur l'entrée dans une ère nouvelle : participation proche de 70 %, la plus haute depuis l'éclatement de la Yougoslavie en 1992, longues files devant les bureaux de vote, rues de Belgrade en liesse où des étudiants scandent « victoire » et « il est fini ». Il cite Radomir Sajcic, professeur à l'université de Belgrade : « Ce soir nous célébrons la victoire, demain nous construisons l'avenir. » Le quotidien relie près de deux ans de manifestations à des accusations de corruption et de dérive autoritaire.
Les chiffres sont ceux de Vučić lui-même, fondés sur des résultats préliminaires : entre 135 et 140 sièges pour la Liste étudiante, 105 pour le SNS, aucun autre parti n'entrant au Parlement. Le Daily Mail relève qu'il a imputé la défaite aux médias indépendants, à des ingérences de pays européens non nommés et à un « État profond américain », tout en appelant ses partisans à éviter « les morts » dans la rue.
La couverture britannique reste centrée sur la chute d'un homme fort et sur la transition politique, plus que sur les conséquences pour l'orientation européenne ou russe de Belgrade, que les trois articles n'abordent guère au-delà du soutien affiché de Poutine à Vučić.
