ANGLE DOMINANT
Copenhague retient le portrait d'un mouvement étudiant sans chef qui renverse l'homme fort de Belgrade, une victoire née de la catastrophe de Novi Sad et d'une accusation de corruption.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vučić a déclaré, selon Reuters : « Il est clair que nous avons perdu cette élection », avec 135 à 140 sièges pour le mouvement étudiant contre 105 pour le SNS.
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Le mouvement est né de l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad en novembre 2024, qui a fait 16 morts, attribué par les manifestants à la corruption.
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La participation approche 70 %, la plus haute depuis l'éclatement de la Yougoslavie, selon Reuters cité par Politiken.
ANALYSE
Copenhague, 26 octobre 2026. Berlingske et Politiken, qui reprennent la dépêche de Reuters, rapportent que le dirigeant serbe Aleksandar Vučić a reconnu sa défaite aux législatives de dimanche 25 octobre face à un mouvement de protestation mené par des étudiants. Politiken le qualifie d'« homme fort » de la Serbie. Les deux quotidiens citent ses mots : « Il est clair que nous avons perdu cette élection, le mouvement étudiant a gagné, il obtient entre 135 et 140 sièges, et nous en avons 105. » Il précise qu'aucune autre force n'entre au Parlement, et que le résultat définitif n'est pas encore connu.
La presse danoise remonte aux origines du scrutin. Vučić avait démissionné de la présidence et dissous le Parlement avant de convoquer ces élections. Celles-ci font suite à près de deux ans de manifestations dirigées par des étudiants, déclenchées par l'effondrement d'un auvent en béton à la gare de Novi Sad en novembre 2024, qui avait fait 16 morts. Les manifestants y voient la conséquence de la corruption : la gare venait d'être rénovée, et certains accusent le gouvernement de ne pas avoir dépensé les sommes annoncées pour le chantier.
Politiken insiste sur le paradoxe d'un mouvement « qui n'a pas de leader » mais qui a gagné un large soutien populaire et passait pour la plus grande menace pour Vučić depuis son arrivée au poste de Premier ministre en 2014, puis à la présidence en 2017. Un article publié avant le vote parlait d'une quasi-« consultation pour ou contre un seul homme », et rappelait que Vučić avait quitté la présidence le 27 septembre pour briguer le poste de chef du gouvernement.
Le récit danois donne la parole au camp victorieux. Radomir Sajčić, professeur à l'université de Belgrade, porte-parole du mouvement, déclare : « Ce soir, nous fêtons la victoire. Demain, nous construisons l'avenir. » Reuters, cité par Politiken, décrit des voitures qui klaxonnent dans les rues de Belgrade et des habitants qui crient « victoire » et « il est fini ». La participation approche 70 %, ce qui serait la plus haute depuis l'éclatement de la Yougoslavie, selon Reuters.
Les articles laissent une question ouverte : on ne sait pas encore qui, au sein du mouvement étudiant, pourrait diriger la Serbie. La couverture reste factuelle et centrée sur le résultat et ses racines sociales ; elle évoque peu les conséquences pour la politique étrangère de Belgrade.
