ANGLE DOMINANT
Vilnius salue la chute électorale d'un « leader autoritaire » : la presse lituanienne fait de la défaite d'Aleksandar Vučić, après quatorze ans de domination du SNS, le dénouement d'un duel politique interne à la Serbie, porté par une participation record.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vučić a reconnu la défaite : « Selon l'échantillon stratifié, il est clair que nous avons perdu ces élections » (Verslo žinios, 15min).
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Projection de 135 à 140 sièges pour la Liste étudiante contre environ 105 pour le SNS, soit 2,2 millions de voix contre 1,7 million (15min).
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Participation de 64,89 % à 18 heures, la plus forte depuis 1993, selon les données préliminaires de la commission électorale (Verslo žinios).
ANALYSE
Vilnius, 26 octobre 2026. Les médias lituaniens présentent le scrutin serbe du dimanche 25 octobre comme un « affrontement décisif » entre Aleksandar Vučić, qualifié de « leader autoritaire », et un mouvement étudiant bigarré qui manifeste depuis près de deux ans. 15min rappelle l'origine de la crise : l'effondrement en 2024 de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui a fait 16 morts et pour lequel la corruption est largement mise en cause. Le quotidien parle de l'une des plus grandes vagues de protestation en Serbie depuis la chute de Slobodan Milošević en 2000.
Avant le vote, 15min décrivait la Liste étudiante, soutenue par un mouvement sans chef clair, comme le plus grand défi lancé au Parti progressiste serbe (SNS), dominant sous sa gouvernance. Dix-huit listes briguaient 250 sièges, et plusieurs grands partis d'opposition avaient renoncé à se présenter pour appeler à voter pour les étudiants. Le dernier meeting, jeudi à Belgrade, aurait réuni environ 150 000 personnes selon un observateur indépendant cité par le journal.
Le récit de la soirée repose sur l'aveu de Vučić : « Selon l'échantillon stratifié, il est clair que nous avons perdu ces élections », a-t-il dit aux partisans dans le siège de son parti à Belgrade. Il a chiffré à 135-140 sièges la Liste étudiante et à environ 105 le SNS, soit 2,2 millions de voix contre 1,7 million. Verslo žinios et 15min relèvent que la participation, de 64,89 % à 18 heures selon la commission électorale, est la plus élevée depuis 1993.
Les deux titres décrivent ensuite la réaction de la rue : foules en liesse près de la commission électorale, klaxons, et au siège de la Liste étudiante des partisans qui applaudissent, pleurent et scandent « Victoire, victoire ! ». Une étudiante, Mila Martič, dit à l'AFP : « J'ai l'impression de vivre enfin dans un pays libre. »
La presse lituanienne rapporte aussi la lecture de Vučić lui-même : il impute sa défaite aux médias serbes indépendants, à des pays européens qu'il ne nomme pas et à une « profondeur américaine », reprise sous la rubrique « Il accuse les médias et des pays européens ». Ces accusations sont présentées comme des déclarations, sans commentaire sur la diplomatie lituanienne ni sur la future orientation européenne de Belgrade.
