ANGLE DOMINANT
Rome retient l'alternance électorale à Belgrade : l'ANSA et Adnkronos racontent la défaite d'un Vučić qui l'admet lui-même en direct, face à une liste étudiante portée par une participation record.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Projections Ipsos/CeSid citées par Adnkronos : 52 % des voix et 138 sièges pour la Liste étudiante, contre 39,3 % et 104 sièges pour Vučić, la majorité étant à 126.
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Selon l'ANSA, la participation a frôlé 70 %, un niveau inédit depuis au moins trente ans.
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Adnkronos rattache le mouvement à l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad en 2024, qui a causé 16 morts.
ANALYSE
Rome, 26 octobre 2026. La presse italienne ouvre sur le basculement : « Gli studenti vincono le elezioni in Serbia, lo annuncia lo sconfitto Vucic », titre l'ANSA, tandis qu'Adnkronos parle d'une Liste des étudiants qui « fa la storia ». Les deux agences s'appuient sur les projections du dimanche 25 octobre, encore provisoires mais, selon l'ANSA, difficilement susceptibles de changer de façon substantielle.
Les chiffres sont répétés à l'identique : 52 % des voix et 138 sièges sur 250 pour la Liste étudiante, contre environ 39 % et 104 sièges pour la liste de Aleksandar Vučić. Adnkronos cite les projections Ipsos/CeSid relayées par la chaîne N1 et rappelle que la majorité se situe à 126 sièges. Aucune autre coalition ne franchit le seuil de 3 %, hors petits partis des minorités ethniques.
Le récit met en scène la surprise. D'après l'ANSA, Vučić est apparu le premier en direct sur la télévision RTS pour annoncer qu'il avait « perdu les élections », alors que cette apparition avait fait craindre une proclamation de victoire. L'agence rapporte aussi qu'il a jugé la campagne étudiante « scorretta e piena di menzogne », tout en reconnaissant « la vittoria degli studenti ». Le candidat Radomir Sajčić y voit un résultat qui « premia quasi due anni di lotta », et la tête de liste, le cardiologue Ilija Srdjanović, affirme que le pays a « voltato la faccia ad un tiranno ».
L'origine du mouvement est détaillée par Adnkronos : l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad en 2024, qui a fait 16 morts, tragédie attribuée à la corruption et à l'origine des plus grandes manifestations depuis la chute de Slobodan Milošević en 2000. La plupart des 250 candidats étudiants viennent de l'université et du monde des arts, avec peu d'expérience politique, et plusieurs partis d'opposition ont renoncé à se présenter pour soutenir les étudiants.
Le facteur participation est mis en avant : un taux record proche de 70 %, jamais vu depuis au moins trente ans, que les commentateurs jugeaient favorable aux étudiants. L'ANSA décrit la fête dans les rues du pays en direct à la télévision, mais aussi un climat de tension au centre de Belgrade, avec d'importants déploiements policiers après la fermeture des urnes.
La dimension internationale reste discrète : Adnkronos note seulement que Vučić s'était présenté comme un homme d'État indispensable, « in bilico tra l'Unione Europea e la Russia », et qu'il avait convoqué le scrutin anticipé en invoquant de « fortes turbulences sur la scène politique intérieure ».
