ANGLE DOMINANT
Canberra mesure la volte-face de Donald Trump à l'aune de sa fragilité politique intérieure : un président qui suspend la loi Graham qu'il a signée, à trois semaines des élections de mi-mandat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vendredi 16 octobre, Trump a signé un décret mettant en pause le paquet de sanctions de la loi Graham, qu'il avait promulguée le mois précédent, en invoquant l'intérêt national.
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Selon le SMH, la cote de Trump est proche de ses plus bas historiques et les républicains défendent les deux chambres du Congrès le 3 novembre.
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Samedi 17 octobre, Zelensky a déploré qu'on ignore la loi Graham après une frappe sur plus de 15 sites énergétiques : quatre missiles de croisière et 332 drones, selon l'armée de l'air ukrainienne.
ANALYSE
Canberra, 18 octobre 2026. Le Sydney Morning Herald et The Age, qui publient le même texte, ouvrent sur le geste : vendredi 16 octobre, Donald Trump a signé un décret qui met en pause un vaste paquet de sanctions visant l'économie russe, en disant au Congrès que cette pause relevait de « l'intérêt national ». Le président avait pourtant promulgué cette loi « le mois dernier », selon les deux titres. Baptisée du nom du sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham, mort en juillet, elle devait resserrer plus vite l'étau sur les ressources financières qui alimentent la guerre en Ukraine.
Le récit insiste sur le renversement. Après la mort de Graham, ses collègues du Congrès avaient répondu par un soutien bipartisan, et Trump avait apposé sa signature avant de « changer d'avis vendredi ». La Maison-Blanche n'a pas expliqué sur-le-champ en quoi la pause servait l'intérêt national ; la décision a été publiée tard dans la soirée sur son site, avec la mention qu'un rapport justificatif avait été remis au Congrès.
Les journaux inscrivent l'épisode dans une séquence. Une semaine plus tôt, Trump avait annoncé de façon spectaculaire que les États-Unis achèteraient du diesel russe pour tenter de faire baisser les prix mondiaux de l'énergie, au risque de pénaliser l'Ukraine. Il s'en prend en outre de plus en plus à Volodymyr Zelensky, qu'il accuse de ne pas conclure d'accord avec Vladimir Poutine.
La lecture est nettement domestique. Le SMH rappelle un sondage AP-NORC publié le 1er octobre : les Américains désapprouvent la gestion par Trump de la guerre en Iran et lui imputent la hausse des prix. Sa cote est proche de ses plus bas historiques et les républicains cherchent à conserver les deux chambres du Congrès lors du scrutin du 3 novembre.
PerthNow donne ensuite la parole à Kiev. Samedi 17 octobre, Zelensky a regretté qu'une décision ait été prise en Amérique pour « complètement ignorer » la loi Graham, tout en espérant qu'elle puisse être ranimée : « Cet acte pourrait énormément aider, et le peut encore ». Sans critiquer directement Trump, il a décrit une frappe massive contre plus de 15 sites énergétiques ; l'armée de l'air ukrainienne dénombre quatre missiles de croisière et 332 drones d'attaque, dont tous les missiles et 289 drones neutralisés. Le titre souligne la crainte d'une Ukraine laissée exposée à l'approche de l'hiver.
