ANGLE DOMINANT
Doha décrypte la suspension des sanctions comme un arbitrage énergétique : selon Al Jazeera, c'est la Russie qui en tire le plus grand profit, tandis que l'Europe, elle, continue d'acheter du gaz russe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le décret suspend des mesures dont des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq principaux importateurs de pétrole ou de gaz russes, dont la Chine et l'Inde (Al Jazeera).
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Le Trésor américain a levé les sanctions sur les ventes de diesel russe jusqu'en avril 2027, une semaine avant le décret (Al Jazeera).
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Le sénateur républicain Thom Tillis juge la décision « beyond irresponsible » et rappelle que la loi avait été votée 86 voix contre 11 au Sénat (Al Jazeera).
ANALYSE
Doha, 18 octobre 2026. Al Jazeera et Gulf Times rapportent que Donald Trump a signé vendredi un décret suspendant les sanctions contre la Russie prévues par la loi Lindsey Graham, quelques jours avant leur entrée en vigueur, dimanche. Le président invoque l'« intérêt national » et ne précise pas quand les restrictions pourraient être introduites : elles restent suspendues jusqu'à ce que lui-même ou de hauts responsables jugent une nouvelle action appropriée.
La chaîne qatarie place l'énergie au centre du récit. Elle rappelle que la loi, adoptée à de larges majorités des deux chambres, prévoyait des sanctions contre des responsables, des banques et une « flotte fantôme » de pétroliers, ainsi que des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq principaux acheteurs de pétrole ou de gaz russes, dont la Chine et l'Inde. Elle relie la décision à l'accord sur le diesel russe annoncé une semaine plus tôt, destiné à faire baisser des prix de l'énergie qui ont bondi pendant la guerre américano-israélienne contre l'Iran. Le Trésor américain a levé les sanctions sur les ventes de diesel russe jusqu'en avril 2027. Pour les analystes cités par Al Jazeera, la Russie est la principale bénéficiaire de cette dérogation.
Le texte pointe aussi l'argument de Washington : Donald Trump accuse les Européens d'« hypocrisie », les chiffres montrant que les pays de l'Union européenne continuent d'importer du gaz russe, d'où la question posée dès le titre sur les achats de Bruxelles.
La réaction ukrainienne est largement relayée. Volodymyr Zelensky a jugé que la mesure « récompense » Vladimir Poutine et craint que la levée des sanctions ne se poursuive : le « diesel deal » ne serait que « le premier pas ». Gulf Times souligne que la décision est tombée le jour où la Russie a visé 15 installations de production d'électricité, l'une des plus vastes attaques contre le réseau énergétique ukrainien. Kherson et Sumy ont compté chacune un mort.
Al Jazeera consacre enfin un article au front intérieur américain. Le sénateur républicain Thom Tillis juge la décision « bien plus qu'irresponsable » et demande ce que le président ne comprend pas dans une loi votée 86 voix contre 11. Son collègue John Cornyn estime que Lindsey Graham, mort en juillet, « serait consterné ». Le démocrate Don Beyer parle de trahison de l'Ukraine. La chaîne décrit ainsi un fossé qui se creuse entre Trump et Zelensky, avec les alliés européens dans le chœur des critiques.
