ANGLE DOMINANT
Bruxelles mesure le camouflet infligé à l'Ukraine : la presse belge francophone retient un allié américain qui se détourne de Kiev et renvoie les Européens à la facture.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Donald Trump a signé vendredi soir un décret exemptant la Russie des sanctions et droits de douane du Graham Act, en invoquant « l'intérêt national des États-Unis ».
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Le Graham Act, promulgué le 18 septembre, ciblait la flotte fantôme russe, Vladimir Poutine et ouvrait des droits de douane jusqu'à 100 % sur les cinq principaux importateurs d'énergie russe.
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Volodymyr Zelensky se dit « trahi » et demande 70 milliards de dollars supplémentaires aux alliés européens.
ANALYSE
Bruxelles, 18 octobre 2026. La Libre Belgique et La DH s'accordent sur les faits : vendredi soir, Donald Trump a signé un décret suspendant l'application d'un large paquet de sanctions contre la Russie, prévues par une loi récemment adoptée par le Congrès. Le texte, promulgué le 18 septembre, porte le nom du sénateur républicain Lindsey Graham, décédé en juillet, « farouche défenseur de l'Ukraine ». Le décret stipule : « J'exempte l'application de telles sanctions, restrictions et droits de douane prévus dans le Graham Act », au nom de « l'intérêt national des États-Unis ».
La Libre insiste sur la portée symbolique du geste. Le Graham Act constituait la première action majeure du Congrès contre Moscou depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Il visait le secteur énergétique russe, ciblait pour la première fois la flotte fantôme, ainsi que Vladimir Poutine et d'autres hauts responsables. Il permettait aussi des droits de douane jusqu'à 100 % sur les cinq principaux importateurs de gaz et de pétrole russes, dont la Chine et l'Inde. Le quotidien parle d'un « nouveau camouflet à l'Ukraine qui craint d'être lâchée par son allié américain ».
Le récit belge se range ensuite du côté de Kiev. Selon La Libre, Volodymyr Zelensky, « bousculé » par les récentes annonces favorables à Moscou, n'a pas caché se sentir « trahi » et s'est tourné vers ses alliés européens, auxquels il réclame 70 milliards de dollars supplémentaires pour faire face à l'invasion russe. La charge financière retombe ainsi sur l'Europe, angle qui parle directement au lectorat belge.
La DH élargit la lecture à la politique américaine. Elle rappelle que le président, qu'elle décrit comme « plutôt concilient avec le Kremlin », a annoncé un accord controversé avec Moscou pour l'achat massif de diesel russe. Le journal relie cette inflexion à deux données : les élections de mi-mandat, à moins de trois semaines et jugées cruciales pour la suite de son mandat, et l'envie de soulager les consommateurs américains, les prix des carburants ayant flambé après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran fin février.
Les deux titres citent le communiqué de la Maison Blanche comme source principale. Aucun ne développe la réaction du Kremlin ni les critiques de parlementaires américains ; l'attention se porte sur le sort de l'Ukraine et sur la réponse attendue des Européens.
