ANGLE DOMINANT
Islamabad mesure dans la suspension des sanctions un gain diplomatique pour Moscou et une fracture ouverte entre Washington et Kiev, relayés par des dépêches d'agence et des médias nationaux.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Donald Trump a signé vendredi un décret écartant des sanctions et droits de douane visant les revenus énergétiques russes, deux jours avant leur entrée en vigueur (ARY News, AFP).
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Kirill Dmitriev, émissaire de Vladimir Poutine, a jugé samedi la suspension de la loi Graham « importante et véritablement historique ».
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Volodymyr Zelensky a demandé à l'Union européenne près de quatre-vingts milliards de dollars d'aide supplémentaire pour l'an prochain (Daily Times).
ANALYSE
Islamabad, 17 octobre 2026. La presse pakistanaise relaie la décision de Donald Trump de suspendre les sanctions contre la Russie en la plaçant d'abord sur le terrain des relations entre grandes puissances. Selon une dépêche de l'AFP reprise par ARY News, le président américain a signé vendredi un décret écartant des sanctions et des droits de douane visant les revenus énergétiques russes, deux jours avant leur entrée en vigueur. ARY y voit « un gain diplomatique majeur pour la Russie » et note que le différend avec Volodymyr Zelensky alimente les spéculations selon lesquelles Washington se rapprocherait de Moscou, près de cinq ans après le début de l'offensive.
La réaction russe occupe une place centrale. Samedi, Kirill Dmitriev, émissaire de Vladimir Poutine, a qualifié sur les réseaux sociaux la suspension de la loi Graham de « moment important et véritablement historique ». Il a ajouté que le texte aurait causé « de sérieux dommages d'abord à l'économie américaine et aux marchés mondiaux ». La dépêche précise que le Kremlin et Vladimir Poutine, apparu vendredi en uniforme militaire et affirmant vouloir prendre le reste de l'est de l'Ukraine, n'avaient pas encore réagi.
Daily Times insiste de son côté sur la justification avancée par Washington. Donald Trump aurait agi après un accord avec Vladimir Poutine pour remettre du diesel russe sur les marchés mondiaux, afin d'atténuer les pénuries de carburant et la hausse des prix du pétrole avant les élections de mi-mandat. Le texte, qui autorisait de lourds droits de douane contre les principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes et la flotte fantôme, est ainsi présenté comme sacrifié à des contraintes intérieures américaines.
Le journal décrit un Kiev isolé. Interrogé à Bruxelles, devant des dirigeants de l'Union européenne, sur le point de savoir si l'Ukraine servait de bouc émissaire aux difficultés politiques américaines, Volodymyr Zelensky a répondu par un silence remarqué. Donald Trump avait aussi critiqué les frappes ukrainiennes contre des raffineries russes, et des perturbations de communications par satellite ont gêné la défense ukrainienne. Volodymyr Zelensky a demandé près de quatre-vingts milliards de dollars d'aide supplémentaire pour l'an prochain et davantage de défense aérienne avant l'hiver, tandis que les partenaires européens s'inquiètent du fossé grandissant.
Les deux titres restent factuels et ne commentent guère les conséquences pour les pays tiers acheteurs d'énergie russe.
