ANGLE DOMINANT
Kuala Lumpur décrypte la suspension des sanctions comme une fracture entre Washington et Kiev, tandis que l'Europe resserre les rangs derrière Volodymyr Zelensky.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Donald Trump a signé vendredi 16 octobre un décret levant les sanctions et droits de douane visant les revenus énergétiques russes, dont la loi Lindsey Graham prévoyait jusqu'à 100 % sur les gros acheteurs de pétrole et de gaz russes (Malay Mail).
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Samedi 17 octobre, Volodymyr Zelensky a jugé que cette mesure « récompense » Vladimir Poutine et que l'accord sur le diesel n'est « qu'une première étape » (The Sun MY).
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Le même jour que le décret, la Russie a attaqué quinze installations de production d'électricité ukrainiennes, dans « l'une des plus grandes » attaques contre le réseau (The Sun MY).
ANALYSE
Kuala Lumpur, 17 octobre 2026. Pour Malay Mail, Donald Trump a signé vendredi 16 octobre un décret qui lève de vastes sanctions et droits de douane visant les revenus énergétiques de la Russie, ce qui marque « un nouveau creux » dans les relations de Washington avec l'Ukraine en guerre. Le quotidien rappelle que la loi Lindsey Graham, promulguée par le président le mois dernier, l'autorisait à imposer jusqu'à 100 % de droits sur les gros acheteurs de pétrole et de gaz russes. Elle visait aussi les secteurs énergétique et de la défense, Vladimir Poutine et d'autres dirigeants, ainsi que la « flotte fantôme » de pétroliers.
La presse malaisienne relie cette décision à l'accord conclu entre M. Trump et M. Poutine : Moscou verserait d'importantes quantités de diesel sur les marchés mondiaux en échange d'un assouplissement des sanctions. Malay Mail ajoute que la guerre américaine en Iran a provoqué de graves pénuries de pétrole et des hausses de prix, ce qui crée de forts vents contraires pour le Parti républicain avant les élections de mi-mandat du mois prochain.
Samedi 17 octobre, selon The Sun, M. Zelensky a déclaré craindre que Washington ne lève d'autres sanctions et que le geste de M. Trump ne « récompense » M. Poutine. « Malheureusement, la levée des sanctions va continuer. Je crois que le "diesel deal" n'est qu'une première étape », a-t-il dit aux journalistes. Il espère toujours, « personnellement », que M. Trump fera « tout ce qui est en son pouvoir » pour pousser Moscou à mettre fin à la guerre, mais estime qu'on n'y parvient pas en limitant les réponses ukrainiennes.
Le quotidien situe la décision le jour même où la Russie a visé quinze installations de production d'électricité ukrainiennes, dans « l'une des plus grandes » attaques contre le réseau. Une personne a été tuée à Kherson, et l'Ukraine a fait état d'au moins deux morts dans des frappes samedi, en cinquième année de guerre.
Le récit malaisien insiste aussi sur la brouille personnelle : M. Trump a qualifié de « honte » la reprise des frappes ukrainiennes sur des raffineries russes. À Bruxelles, M. Zelensky a répondu : « Je défends exclusivement les intérêts de l'Ukraine et du peuple ukrainien. » Il a demandé aux dirigeants de l'UE près de 80 milliards de dollars de financement supplémentaire pour l'an prochain. Interrogé sur le fait d'être un bouc émissaire des difficultés intérieures de M. Trump avant le scrutin, il a seulement souri : « Voilà ma réponse. »
