ANGLE DOMINANT
Paris décrypte la suspension de la loi Graham comme un nouveau pas du rapprochement entre Washington et Moscou, qui laisse Kiev se sentir « trahi » au moment où l'Europe est sollicitée pour 70 milliards.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le décret publié vendredi 16 octobre suspend les sanctions et droits de douane du Graham Act, qui prévoyait jusqu'à 100 % sur les cinq premiers acheteurs de pétrole et de gaz russes (BFMTV, Sud Ouest).
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Kirill Dmitriev salue une décision « véritablement historique », tandis que Zelensky dénonce un « blackout des sanctions » qui encourage Poutine à poursuivre ses attaques (RFI, HuffPost).
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Des républicains comme Thom Tillis critiquent la mesure, jugée « complètement irresponsable » (Le Monde).
ANALYSE
Paris, 18 octobre 2026. Pour la presse française, le décret publié vendredi 16 octobre au soir par la Maison-Blanche est d'abord un geste de rapprochement avec Moscou. Donald Trump y écrit : « J'exempte l'application de telles sanctions, restrictions et droits de douane prévus dans le Graham Act », en invoquant « l'intérêt national des États-Unis ». BFMTV et HuffPost parlent d'un « nouveau camouflet » pour l'Ukraine, que Le Monde rappelle être la première action majeure du Congrès contre Moscou depuis le retour du président américain.
Le texte, promulgué à la mi-septembre, devait entrer en vigueur ce week-end. Il autorisait des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes, dont la Chine et l'Inde, et visait pour la première fois la flotte fantôme, selon BFMTV, Sud Ouest et L'Express. Selon L'Express, la suspension durera tant que le président ou de hauts responsables n'estiment pas qu'une « action supplémentaire est appropriée ».
La Tribune propose une lecture électorale : à quelques semaines des élections de mi-mandat, avec un gazole au-dessus de 6 dollars le gallon dans certains États, la Maison-Blanche espérerait qu'un afflux de carburant russe fasse refluer les prix. RFI rappelle l'accord sur le diesel russe, qui prévoit près de deux millions de tonnes fournies dans un premier temps.
Côté russe, Kirill Dmitriev, conseiller du Kremlin, a salué un moment « important et véritablement historique ». Côté ukrainien, Volodymyr Zelensky parle d'un « blackout des sanctions » : « tout cela ne fait que l'encourager à continuer d'attaquer », a-t-il déclaré samedi 17 octobre. Il a souligné que la décision tombait le jour d'une des plus vastes attaques contre le réseau énergétique, avec 332 drones et plusieurs missiles dans la nuit, selon l'armée de l'air ukrainienne citée par Le Monde.
Le Monde relève aussi que des républicains s'en prennent à la décision, tel le sénateur Thom Tillis, qui la juge « complètement irresponsable ». Libération note que la loi portait le nom du défunt sénateur « antirusse » Lindsey Graham. Au sommet de Bruxelles, Zelensky a demandé aux Européens 70 milliards d'euros supplémentaires, le Conseil européen chargeant la Commission de préparer des propositions, tandis que Robert Fico exclut que la Slovaquie y participe.
SOURCES (5)
- L'ExpressMOYEN
- BFMTVMOYEN
- La TribuneMOYEN
