ANGLE DOMINANT
Moscou salue dans la suspension des sanctions Graham un moment « historique », où le dialogue économique remplace la confrontation avec Washington.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Kirill Dmitriev qualifie la suspension de la loi Graham de moment « important et véritablement historique » (TASS, Sputnik).
- 02
La loi, signée le 18 septembre, prévoyait des droits de douane de 500 % sur les produits russes et de 100 % sur les grands acheteurs d'énergie russe ; le décret fixe une dérogation sans limite de durée (TASS).
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Selon RT, citant la presse américaine, Trump a assoupli les sanctions après le refus de Zelensky d'arrêter les frappes sur des installations énergétiques russes.
ANALYSE
Moscou, 17 octobre 2026. La presse russe accueille le décret signé vendredi par Donald Trump comme un tournant. Kirill Dmitriev, émissaire présidentiel pour l'investissement et la coopération économique, y voit sur Telegram « un moment important et véritablement historique » : « Au lieu de sanctions et de confrontation, nous avons le dialogue, une coopération mutuellement avantageuse et une responsabilité partagée pour la stabilité mondiale. » TASS relaie ses propos et souligne que la loi aurait pu, selon lui, interrompre toute coopération économique russo-américaine et nuire gravement à l'économie américaine et aux marchés mondiaux.
TASS détaille le dispositif juridique : signée le 18 septembre, la loi prévoyait des sanctions contre la direction politique et militaire russe, des entreprises d'État et des banques, des droits de douane de 500 % sur les produits russes et de 100 % sur les principaux acheteurs d'énergie russe. Le décret invoque l'« intérêt national » des États-Unis et, précise l'agence, ne fixe aucune limite de temps : les dérogations restent en vigueur jusqu'à ce que le président ou le secrétaire d'État jugent « qu'une action supplémentaire est appropriée ». Les autres restrictions américaines existantes ne sont pas touchées.
Sputnik donne la parole à Mohammed Saqib, secrétaire général du Conseil économique et culturel Inde-Chine, pour qui la dérogation affaiblit la crédibilité des « sanctions secondaires par les droits de douane » visant la Chine, l'Inde et la Turquie. Il y lit la priorité donnée aux préoccupations énergétiques intérieures américaines et la protection de l'accord sur le diesel russe. Dmitriev attribue par ailleurs l'origine du conflit en Ukraine à la corruption de l'administration Biden.
RT présente la mesure comme la suspension de sanctions « bone-crushing » (« à briser les os ») que Trump avait promulguées un mois plus tôt, après avoir levé des sanctions sur le diesel russe pour contenir les prix de l'énergie avant les élections de mi-mandat. Le média rapporte, d'après la presse américaine, que Trump aurait décidé cet assouplissement après le refus de Volodymyr Zelensky de cesser les frappes contre des installations énergétiques russes, et mentionne l'indignation à Kiev, la critique d'un groupe bipartisan de sénateurs et le projet de loi du représentant Gregory Meeks visant à bloquer l'accord sur le diesel.
Le Moscow Times, seul à nuancer, note que Trump se rapproche de Moscou tout en critiquant publiquement Zelensky, et que les nouvelles mesures risquaient de faire monter les prix du pétrole à quelques semaines des élections.
SOURCES (4)
- Moscow TimesMOYEN
- SputnikMOYEN
