ANGLE DOMINANT
Lisbonne tranche sur l'axe transatlantique : la presse portugaise cadre la suspension des sanctions comme un écart de Washington face à Bruxelles et Kiev, qui disent maintenir la pression sur Moscou.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a suspendu par ordre exécutif, au nom de l'intérêt national, la loi Graham, avec des droits de douane jusqu'à 100 % sur les gros acheteurs de pétrole et de gaz russes (Observador).
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La Commission européenne dit que les sanctions pèsent sur l'économie russe et prépare un 22e paquet ; von der Leyen exclut leur levée tant que la guerre dure (SAPO Notícias).
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Zelensky voit dans l'accord sur le gazole « le premier pas » d'autres mesures favorables à Poutine (Jornal Económico).
ANALYSE
Lisbonne, 17 octobre 2026. La presse portugaise raconte la suspension des sanctions contre la Russie en trois temps : la décision de Washington, la réponse de Bruxelles, puis la réaction de Kiev.
Le journal d'information de l'Observador, à 4 h, présente un Donald Trump qui « dá um passo atrás na pressão económica sobre a Rússia ». Par ordre exécutif, le président américain invoque l'intérêt national et reporte l'application des sanctions prévues par la loi Graham, votée par le Congrès avec l'appui des républicains et des démocrates et promulguée par lui-même il y a environ un mois. Le texte prévoyait des droits de douane allant jusqu'à 100 % sur les produits des principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes, afin de limiter les recettes qui financent la guerre. L'Observador relie la mesure à l'accord annoncé une semaine plus tôt avec Vladimir Poutine sur l'achat de gazole russe, présenté comme un moyen de faire baisser les prix de l'énergie aux États-Unis.
SAPO Notícias met en avant la réponse européenne. Ce samedi 17 octobre, la Commission européenne affirme que les sanctions « exercent une pression sur l'économie russe » et qu'il faut « faire plus », par la voix de son porte-parole Thomas Reigner. Bruxelles prépare un 22e paquet de mesures restrictives, rappelle une aide totale de 230 milliards d'euros à l'Ukraine, et Ursula von der Leyen répète que les sanctions ne seront pas levées tant que la guerre durera. Les dirigeants européens regrettent la suspension, que le texte qualifie de temporaire.
Le Jornal Económico donne la parole à Volodymyr Zelensky, de retour du sommet européen de Bruxelles tenu vendredi. Il redoute que l'accord sur le gazole soit « le premier pas » d'un assouplissement plus large : « on ne peut pas arrêter Poutine de cette façon ». Selon lui, le président russe « éprouve de la joie et de la satisfaction » devant un tel soutien, et la levée des sanctions « n'aide que les Russes » sans arrêter la guerre. Il remercie les « amis du Congrès » pour une loi qui avait un soutien bipartisan, juge la décision de la bloquer « erronée », et espère que Trump fera tout pour que Poutine cesse les attaques contre le secteur énergétique ukrainien.
Dans l'ensemble, les médias portugais traitent le dossier surtout comme un sujet de diplomatie atlantique : Washington s'éloigne d'une ligne commune que Bruxelles et Kiev disent vouloir maintenir. La dimension de politique intérieure américaine reste en arrière-plan, limitée au rappel du vote bipartisan.
