ANGLE DOMINANT
Berne tranche sévèrement : la presse suisse y voit un tournant de Washington vers Moscou, qui laisse Kiev se sentir trahi et isolé à l'approche des élections de mi-mandat américaines.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le décret exempte l'application des sanctions et droits de douane du Graham Act au nom de « l'intérêt national des Etats-Unis », selon Le Temps.
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La loi permettait des droits de douane jusqu'à 100 % sur les cinq principaux importateurs de gaz et de pétrole russes, dont la Chine et l'Inde.
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Volodymyr Zelensky se dit trahi et réclame 70 milliards de dollars supplémentaires aux alliés européens.
ANALYSE
Berne, 18 octobre 2026. Pour la presse suisse, le décret signé vendredi par Donald Trump n'est pas un simple ajustement technique mais un changement de cap envers Moscou. Le Temps rapporte que le président américain « exempte l'application de telles sanctions, restrictions et droits de douane prévus dans le Graham Act », en invoquant « l'intérêt national des Etats-Unis ». Le quotidien romand souligne la portée symbolique du texte : première action majeure du Congrès contre Moscou depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, promulgué mi-septembre par le républicain lui-même.
Le Temps détaille ce que la loi prévoyait : un arsenal visant le secteur énergétique russe, la flotte fantôme, le président Vladimir Poutine et d'autres hauts responsables, ainsi que la possibilité de droits de douane jusqu'à 100 % sur les cinq principaux importateurs de gaz et de pétrole russes, dont la Chine et l'Inde. La loi porte le nom du sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, que le journal décrit comme un farouche défenseur de l'Ukraine.
Côté ukrainien, le quotidien note que Volodymyr Zelensky « n'a pas caché se sentir trahi » et s'est tourné vers les Européens, leur réclamant 70 milliards de dollars supplémentaires pour faire face à l'invasion. Le journal évoque aussi des pénuries de missiles intercepteurs.
La télévision alémanique SRF insiste sur l'absence de justification : Donald Trump n'a dit que « zu diesem Zeitpunkt im nationalen Interesse der USA », sans expliquer ni cet intérêt ni le moment choisi. SRF inscrit le décret dans une série de gestes en une semaine : l'accord sur le diesel russe, la limitation de l'usage ukrainien de Starlink, le démenti public d'un soutien russe à l'Iran. Selon le média, le décret évite aussi d'exercer une nouvelle pression sur la Chine et l'Inde, gros acheteurs de pétrole russe.
SRF replace enfin la décision dans le contexte intérieur américain : inflation alimentée selon lui par la guerre en Iran, à quelques semaines des élections de mi-mandat. Il rapporte la question d'un journaliste de Sky News à Volodymyr Zelensky, en marge du sommet de l'UE à Bruxelles, sur le risque d'être utilisé comme bouc émissaire. Le président ukrainien s'est contenté de sourire.
