ANGLE DOMINANT
Washington tranche sur un conflit de pouvoirs : la suspension d'une loi que Trump a lui-même promulguée dresse des élus des deux partis contre la Maison-Blanche, à l'approche des élections de mi-mandat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a signé vendredi 16 octobre un décret suspendant l'essentiel de la loi Graham, citant « the national interests of the United States », deux jours avant son application.
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Le Sénat avait adopté la loi par 86 voix contre 11 ; Tillis, Cornyn et Bacon, républicains, critiquent le décret.
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Selon ABC, la frappe russe de la nuit a visé plus de 15 sites énergétiques ukrainiens avec 4 missiles et 332 drones.
ANALYSE
Washington, 17 octobre 2026. Vendredi 16 octobre au soir, Donald Trump a signé un décret qui suspend l'essentiel de la loi Lindsey O. Graham sur les sanctions contre la Russie et l'Iran, que le Congrès avait votée et que lui-même avait promulguée en septembre. Le texte devait s'appliquer dimanche 18 octobre. Selon CNBC, il prévoyait des droits de douane jusqu'à 500 % sur les produits russes et jusqu'à 100 % sur les pays figurant parmi les cinq premiers acheteurs de pétrole ou de gaz russes, dont la Chine et l'Inde. Le décret invoque « l'intérêt national » : Trump écrit avoir transmis au Congrès une certification en ce sens. Les sanctions antérieures restent en place.
La presse américaine place d'abord l'affaire sur le terrain du Congrès. Le texte avait recueilli 86 voix contre 11 au Sénat, rappelle The Hill. Le sénateur républicain Thom Tillis juge la décision « beyond irresponsible » et demande ce que le président ne comprend pas dans l'application d'une loi. Son collègue John Cornyn affirme que « Lindsey would be appalled », et le représentant Don Bacon écrit que « the President is prolonging the war, not ending it ». Côté démocrate, Don Beyer dénonce une « reddition » devant Poutine. Axios souligne que ces critiques bipartites surviennent à quelques semaines des élections de mi-mandat et obligent les candidats républicains à défendre la relation du président avec Moscou.
Le contexte énergétique revient dans presque tous les articles. Le décret survient une semaine après l'accord sur le diesel russe : 300 000 tonnes immédiatement, 500 000 en novembre, puis un million. CNBC précise que Washington a suspendu jusqu'en avril 2027 les sanctions sur les exportations russes de diesel, pour desserrer l'offre pénalisée par la guerre avec l'Iran. NBC et Time relèvent que Trump reproche à Kiev ses frappes sur les infrastructures pétrolières russes, alors que Time note que la guerre en Iran pèse davantage sur les prix.
Samedi 17 octobre, Volodymyr Zelensky a dénoncé un « American sanctions blackout » qui « only encourages » Poutine, selon NBC. NPR et ABC rapportent qu'il a appelé ses soutiens à défendre la loi, tout en évitant de critiquer directement Trump, et qu'une frappe russe massive a visé plus de 15 sites énergétiques, avec quatre missiles de croisière et 332 drones. Time lit le décret comme un signe de la dégradation des relations entre Washington et Kiev. Bloomberg évoque des ouvertures économiques et diplomatiques pour Moscou.
