ANGLE DOMINANT
Londres relève la contradiction d'un président qui gèle la loi qu'il a lui-même promulguée, et mesure la fronde bipartisane du Congrès à l'approche des élections de mi-mandat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a signé vendredi 16 octobre un décret suspendant des sanctions de la loi Graham, qui devaient entrer en vigueur dimanche 18 octobre, au nom de l'« intérêt national » (BBC).
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La loi autorisait des droits de douane jusqu'à 100 % sur les cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes, dont la Chine et l'Inde (BBC).
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Vingt parlementaires des deux partis avaient demandé jeudi à Trump d'appliquer la loi ; Zelensky parle d'un signal qui donne à Poutine des raisons de poursuivre la guerre (BBC, Daily Mail).
ANALYSE
Londres, 18 octobre 2026. Pour la BBC, Donald Trump a utilisé son autorité présidentielle pour bloquer « de nombreuses sanctions » contre la Russie récemment votées par le Congrès. Dans un décret signé vendredi 16 octobre au soir, il invoque l'« intérêt national » des États-Unis. La loi, signée en septembre, devait entrer en vigueur dimanche 18 octobre. The Independent souligne que le président l'avait lui-même approuvée le mois dernier et qu'il la bloque deux jours avant l'échéance fixée par le texte.
La BBC détaille ce que la loi prévoyait : des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes, « surtout la Chine et l'Inde », des sanctions visant Vladimir Poutine, des dirigeants russes, des banques et la « flotte fantôme » de pétroliers. Elle porte le nom du sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet et présenté comme l'un des plus fermes défenseurs de l'Ukraine à Washington.
Le quotidien rattache la décision à l'annonce, une semaine plus tôt, d'un achat de diesel russe destiné à faire baisser les prix de l'énergie avant les élections de mi-mandat de novembre. Selon la BBC, ce plan a « choqué les parlementaires » et provoqué une réaction bipartisane. Jeudi, vingt élus des deux partis avaient écrit à Trump pour réclamer une application « pleine et fidèle » du texte, censé forcer Poutine à prendre les pourparlers de paix au sérieux. The Independent rappelle aussi que Trump a refusé de dire que Poutine avait déclenché la guerre : « Je ne me soucie que d'une chose : je veux que cette guerre se termine. »
Côté ukrainien, le Daily Mail relaie la charge de Volodymyr Zelensky : cette suspension donne à Poutine « toutes les raisons » de « continuer la guerre indéfiniment ». Le Kremlin a salué une décision « historique ». Le tabloïd rapporte, d'après Zelensky, une nuit de frappes visant plus de 15 sites énergétiques, avec plus de 320 drones « shahed » et des missiles, et y voit une tentative de provoquer un black-out avant l'hiver. Il évoque aussi une querelle sur le ralentissement de l'accès militaire à Starlink.
The Independent note un ton plus mesuré : Zelensky juge la décision « malheureuse » sans critiquer directement le président américain, et appelle ses soutiens à défendre la loi, qui « peut encore » être rétablie. Les articles britanniques laissent peu de place à la voix de Moscou au-delà du mot « historique », et ne détaillent pas les sanctions déjà en vigueur, qui restent applicables.
SOURCES (3)
- The IndependentMOYEN
- Daily MailMOYEN
