ANGLE DOMINANT
Séoul calibre une double ligne sur Ormuz : co-signataire de la déclaration des 80 nations exigeant la réouverture immédiate, la Corée du Sud maintient en parallèle un canal bilatéral avec Téhéran pour protéger son commerce sans s'impliquer dans la guerre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'Iran a transmis un plan pour rouvrir le détroit d'Ormuz en sept jours si Washington lève blocus naval, sanctions pétrolières et respecte un cessez-le-feu incluant le Liban, détaillé par Araghchi à New York (Korea Times)
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Le 18 septembre, la Corée du Sud et 79 autres pays ont signé à l'ONU une déclaration exigeant la réouverture immédiate du détroit et condamnant les provocations de l'Iran et des Houthis (KBS World)
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Le 24 septembre, le ministre sud-coréen Cho Hyun a rencontré Araghchi, réclamé un passage garanti pour tous les navires, et les deux pays ont signé un traité sur le transfert de prisonniers condamnés (Korea Pro)
ANALYSE
Séoul, 26 septembre 2026. Sur les bords de l'East River, la diplomatie sud-coréenne joue une partition à deux voix sur le dossier du détroit d'Ormuz. Vendredi, l'Iran a transmis aux États-Unis, via des médiateurs, une proposition pour rouvrir la voie maritime en sept jours si Washington lève son blocus naval, renonce aux sanctions sur le pétrole iranien et respecte un cessez-le-feu incluant le Liban. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a détaillé ce plan lors d'une réunion privée en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, selon un participant cité par Korea Times, qui rapporte aussi que Trita Parsi, de l'institut Quincy, y voit une occasion pour Donald Trump de conclure un accord avant les élections de mi-mandat de novembre. Le même article signale un scepticisme profond des deux côtés, l'Arabie saoudite doutant de la relance de ces pourparlers, et le porte-parole du Parlement iranien Mohammad Bagher Qalibaf reconnaissant publiquement des divisions internes à Téhéran.
La Corée du Sud, elle, campe sur un registre différent. Jeudi, elle a co-signé à New York une déclaration commune avec 79 autres pays, dont les monarchies du Golfe et de grandes puissances occidentales, exigeant « la réouverture immédiate » du détroit d'Ormuz et condamnant les provocations armées de l'Iran et des rebelles houthis alliés de Téhéran au Yémen, selon KBS World. Le texte, lu par le ministre bahreïni des Affaires étrangères, réclame un passage « sûr et sans entrave » pour tous les navires, conformément à la convention des Nations unies sur le droit de la mer.
Mais Séoul ne se limite pas à cette solidarité collective. Selon Korea Pro, le chef de la diplomatie sud-coréenne Cho Hyun a rencontré mercredi son homologue Araghchi pour lui redire que le passage libre et sûr de tous les navires « doit être garanti », tout en évitant tout engagement dans la guerre au Moyen-Orient. Les deux ministres ont par ailleurs signé un traité sur le transfert de prisonniers condamnés entre les deux pays, signe que le canal bilatéral reste ouvert malgré les tensions régionales. Pour Séoul, dépendante des approvisionnements énergétiques transitant par le détroit, l'enjeu est de peser sur l'issue sans s'aligner sur un camp, entre pression collective à l'ONU et diplomatie directe avec Téhéran, alors même que la presse américaine évoque un rejet du plan iranien par Donald Trump.
