ANGLE DOMINANT
Moscou défend la voie diplomatique comme seule issue à la crise du Golfe, mettant en avant le plan iranien de réouverture d'Ormuz en sept jours plutôt que la responsabilité que Washington fait porter à Téhéran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lavrov et Araghchi ont affirmé qu'il n'existe pas d'alternative à une solution diplomatique à la crise du Golfe, selon le ministère russe des Affaires étrangères.
- 02
Le plan iranien transmis via le Qatar prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz le sixième jour et une reprise des négociations le septième.
- 03
L'ONU avertit qu'au moins 45 millions de personnes dans les pays en développement risquent des pénuries alimentaires si l'acheminement d'engrais via Ormuz reste perturbé.
ANALYSE
Moscou, 26 septembre 2026. La diplomatie russe est intervenue en marge de l'Assemblée générale des Nations unies pour appuyer une issue négociée à la crise du détroit d'Ormuz. Selon le ministère russe des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov et son homologue iranien Abbas Araghchi ont affirmé qu'« il n'existe pas d'alternative à une solution diplomatique » à la crise du Golfe, lors d'un entretien consacré aux développements autour de l'Iran et au calendrier des contacts russo-iraniens à venir.
Cette rencontre a précédé la présentation par Téhéran d'un plan concret en sept étapes, transmis à Washington via le Qatar. « Si les conditions nécessaires sont réunies, le détroit peut être rouvert et la navigation normale restaurée en sept jours. Le choix appartient désormais aux États-Unis », a déclaré Araghchi, précisant que les mesures demandées ne sont « pas nouvelles » mais figurent déjà dans le mémorandum d'entente signé par Washington avant sa violation cet été. Le détroit rouvrirait le sixième jour, les négociations sur un accord final débuteraient le septième.
Le président iranien Massoud Pezeshkian, interrogé par CBS, a rappelé que la réouverture doit se conformer au mémorandum signé au Pakistan : « Nous avons signé, le président des États-Unis a signé, nous avancions sur cette base. » Si Washington accepte de reprendre ce cadre, « tout redeviendra comme avant », a-t-il ajouté.
Araghchi a par ailleurs dénoncé depuis la tribune onusienne une tentative américano-israélienne de « blanchir leurs actes criminels », détaillant un bilan de plus de 5 000 morts, dont des centaines de femmes et d'enfants, et citant les frappes sur une école à Minab, un stade à Lamerd et un mariage à Sirik. Il a jugé que les États du Moyen-Orient ayant facilité l'agression, en ouvrant territoire, bases et renseignement, en portent la responsabilité directe.
Sur le volet humanitaire, l'ONU a averti qu'au moins 45 millions de personnes dans les pays en développement risquent des pénuries alimentaires si le blocus perturbe durablement l'acheminement d'engrais, dont un tiers du commerce mondial transite par Ormuz. Jorge Moreira da Silva a exhorté Washington et Téhéran à traiter ce dossier séparément d'un règlement global du conflit.
SOURCES (2)
- SputnikMOYEN
