ANGLE DOMINANT
Lisbonne mesure l'offre iranienne à l'aune de son effet immédiat sur les marchés et sur le prix des carburants, entre soulagement boursier à Wall Street et pression politique intérieure sur la taxe des combustibles.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le plan iranien conditionne la réouverture du détroit d'Ormuz à la levée du blocus naval, à la fin des sanctions pétrolières et au respect du cessez-le-feu Israël-Hezbollah au Liban (RTP)
- 02
Wall Street a clôturé en hausse (Dow +0,93 %, Nasdaq +0,48 %, S&P500 +0,51 %) sur fond de recul des cours du pétrole lié aux espoirs de réouverture d'Ormuz (RTP)
- 03
Selon le Wall Street Journal, cité par l'Observador, Donald Trump rejette la proposition et Washington pourrait reprendre ses frappes après les élections de mi-mandat du 3 novembre
ANALYSE
Lisbonne, 26 septembre 2026. À New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a présenté vendredi un plan en sept jours pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Selon la RTP, la proposition, transmise mardi à l'émissaire américain Steve Witkoff, conditionne la réouverture à la levée du blocus naval des ports iraniens, à la fin des sanctions sur les ventes de pétrole et au respect du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah au Liban. « Si certaines conditions sont remplies, le détroit sera rouvert dans un délai de sept jours et les négociations reprendront », a déclaré Araghchi. Le vice-président du Quincy Institute, Trita Parsi, précise que le plan a été présenté lors d'une réunion privée avec des représentants américains jeudi dernier. Pour le chercheur Urban Coningham, du Royal United Services Institute, cité par Al Jazeera, Téhéran presse Donald Trump sur les prix du pétrole et du gaz en rappelant que cette fenêtre pourrait ne pas se représenter avant les élections de mi-mandat américaines.
La presse portugaise retient d'abord l'onde de choc sur les marchés. Selon la RTP, Wall Street a clôturé en hausse, portée par le recul des cours du pétrole : le Dow Jones a gagné 0,93 %, le Nasdaq 0,48 % et le S&P 500 0,51 %. « Les espoirs d'une issue diplomatique au conflit au Moyen-Orient ont fait baisser aujourd'hui les cours du pétrole », a expliqué Angelo Kourkafas, d'Edward Jones, à l'AFP. Les investisseurs restent toutefois inquiets de la remontée des rendements obligataires : le taux à 30 ans a atteint 5,50 %, un plus haut depuis 2004, et celui à 10 ans 5,22 %, du jamais-vu depuis 2007.
L'Observador rapporte de son côté que le Wall Street Journal, citant des responsables américains anonymes, affirme que Donald Trump rejette la proposition, se méfiant de la capacité de Téhéran à tenir ses engagements, et que Washington pourrait reprendre ses frappes après le scrutin du 3 novembre.
Au Portugal même, l'équation pétrolière nourrit un débat intérieur : Iniciativa Liberal, PCP et CDS reprochent au gouvernement de Luís Montenegro de ne pas baisser l'ISP. « Le gouvernement n'y est pas légalement obligé, il y est moralement obligé », a affirmé la présidente de l'IL, Mariana Leitão, évoquant des familles « profondément affectées » par la hausse du prix des carburants.
