ANGLE DOMINANT
Katmandou mesure d'abord l'enjeu énergétique du bras de fer sur Ormuz, un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux transitant par ce détroit avant la guerre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Abbas Araghchi a proposé de rouvrir le détroit d'Ormuz en sept jours si Washington lève le blocus naval, restitue les fonds gelés et lève les sanctions pétrolières, plan transmis via le Qatar.
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Avant la guerre entamée fin février, environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitaient par le détroit d'Ormuz, dont la fermeture a provoqué de fortes fluctuations des prix de l'énergie.
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Le Wall Street Journal rapporte que Donald Trump a rejeté la proposition iranienne, tandis que 80 pays de l'ONU, menés par Bahreïn, réclament la réouverture immédiate du détroit au nom de la résolution 2817.
ANALYSE
Katmandou, 26 septembre 2026. Depuis la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a présenté un plan transmis à Washington par l'intermédiaire du Qatar : rouvrir le détroit d'Ormuz en sept jours si les États-Unis lèvent le blocus naval de ses ports, restituent ses fonds gelés, suppriment les sanctions sur son pétrole et respectent un cessez-le-feu incluant le front libanais. « Le choix appartient désormais aux États-Unis », a-t-il déclaré, précisant que les conditions figuraient déjà dans le protocole d'accord signé en juin entre Téhéran et Washington. Pour la presse népalaise, qui reprend les dépêches internationales, l'enjeu se mesure d'abord en termes de marché : avant la guerre entamée fin février, environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié échangés dans le monde transitait par ce goulet, et sa fermeture a provoqué de fortes fluctuations des prix mondiaux de l'énergie.
Le Wall Street Journal rapporte que Donald Trump aurait rejeté la proposition et évoqué auprès de ses collaborateurs de nouveaux bombardements contre l'Iran. La Maison-Blanche se limite à évoquer des échanges « positifs et constructifs » avec les médiateurs qataris, notamment sur le dossier nucléaire. Téhéran, qui affirme avoir tout préparé pour une réouverture rapide, attend une réponse officielle. Un haut responsable iranien a prévenu qu'aucune concession ne serait faite sur le droit d'enrichir l'uranium.
Les journaux népalais relaient aussi l'appel lancé à New York par quatre-vingts États membres de l'ONU, menés par Bahreïn, réclamant la réouverture immédiate et complète du détroit au nom de la sécurité énergétique et de l'économie mondiale, en s'appuyant sur la résolution 2817 adoptée en mars. Le ministre bahreïni Abdul Latif Al-Zayani a rappelé la mort d'un ressortissant indien lors d'une attaque visant un navire au large d'Oman, et les tirs de missiles houthis contre l'Arabie saoudite. Pour un pays enclavé et dépourvu de réserves stratégiques, la crainte n'est pas géopolitique mais budgétaire : toute prolongation du blocage renchérit les importations d'hydrocarbures et pèse sur les envois de fonds des travailleurs népalais du Golfe, deux piliers d'une économie déjà fragile. La pression sur Washington est aussi calendaire, à quelques semaines des élections de mi-mandat de novembre, ce que la diplomatie iranienne ne manque pas de souligner.
