ANGLE DOMINANT
Berlin dissèque l'escalade du 8 et 9 septembre à travers le prisme du droit maritime : Washington somme les équipages d'abandonner leurs pétroliers avant de les détruire, Téhéran invoque une « zone interdite » en mer d'Ormuz pour justifier ses propres frappes.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Centcom affirme avoir sommé les équipages de quitter leurs pétroliers avant de détruire cinq navires (M/T Kaviz, M/T Charminar, M/T Horizon 1, M/T Riesco dans le golfe d'Oman, M/T Derya près de Kharg), coulant le Riesco selon une vidéo diffusée.
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La Jordanie affirme avoir intercepté 18 des 20 missiles balistiques iraniens visant la base d'Al-Azraq, les deux autres tombant dans des zones inhabitées.
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Les Gardiens de la révolution islamique revendiquent des frappes contre deux destroyers américains (DDG-119, DDG-53) et huit pétroliers accusés d'avoir tenté de franchir une « zone interdite et non sécurisée » du détroit d'Ormuz — affirmations rapportées par l'agence Irna sans confirmation indépendante.
ANALYSE
Berlin, 10 septembre 2026. La presse allemande revient sur l'escalade du 8 et 9 septembre en insistant sur la question de l'autorité invoquée par chaque camp pour agir en mer. Mardi, le commandement américain Centcom a annoncé avoir détruit cinq pétroliers iraniens de brut — les « M/T Kaviz », « M/T Charminar », « M/T Horizon 1 » et « M/T Riesco » dans le golfe d'Oman, ainsi que le « M/T Derya » près de l'île de Kharg. Selon Centcom, les équipages avaient été sommés au préalable de quitter les navires ; une vidéo diffusée par le commandement montre le « Riesco » prendre feu puis couler, proue en avant. Des médias iraniens rapportent aussi des explosions près du port de Jask, sans confirmation indépendante. Washington justifie ces destructions en qualifiant les tankers de « réseau de l'ombre valant des milliards », finançant selon lui les Gardiens de la révolution islamique — une lecture qui déplace le débat du droit de la mer vers celui du financement d'un belligérant.
Téhéran a répliqué par des tirs de missiles sur la base d'Al-Azraq en Jordanie : Amman affirme avoir intercepté 18 des 20 projectiles, les deux autres étant tombés dans des zones inhabitées. Les Gardiens de la révolution islamique revendiquent en outre des frappes contre deux destroyers américains, les DDG-119 et DDG-53, ainsi que huit pétroliers, affirmant que ces derniers cherchaient à franchir une « zone interdite et non sécurisée » du détroit d'Ormuz — invoquant ainsi, en miroir de Washington, leur propre autorité pour interdire un passage maritime. Ces affirmations, rapportées par l'agence Irna, n'ont pas été vérifiées de façon indépendante.
Le secrétaire d'État Marco Rubio avait prévenu que l'Iran « perdrait des tankers » à chaque tentative de viser un navire de guerre américain, en riposte aux deux attaques de missiles balistiques essuyées ces derniers jours par un destroyer de l'US Navy, qui a pu les esquiver. Selon le Wall Street Journal, cité par la Zeit, des responsables américains redoutent que l'Iran bénéficie d'un appui chinois ou russe pour localiser les navires de guerre — signe que la bataille du détroit d'Ormuz, engagée depuis fin février, échappe de plus en plus à tout cadre de droit maritime reconnu par les deux parties.
