ANGLE DOMINANT
Bruxelles mesure surtout ce que coûte aujourd'hui le statut d'allié de Washington, à travers le dilemme sud-coréen autour du détroit d'Ormuz
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le CENTCOM a détruit cinq pétroliers iraniens mardi 8 septembre ; l'agence Tasnim évoque un navire touché près de l'île de Kharg, à environ 6,4 km, sans victime
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L'Iran a tiré vingt missiles balistiques sur la base américaine d'Al-Azraq en Jordanie ; l'armée jordanienne dit en avoir intercepté dix-huit sur vingt
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La Corée du Sud, sollicitée par Washington pour sécuriser le détroit d'Ormuz, hésite après un avertissement iranien menaçant tout pays participant à un déploiement militaire dans la zone
ANALYSE
Bruxelles, 10 septembre 2026. Le fait accompli du mardi 8 septembre déplace la focale bruxelloise : le commandement américain a annoncé avoir détruit cinq pétroliers iraniens, un navire ayant été touché près de l'île de Kharg — l'agence iranienne Tasnim évoquant "un petit pétrolier" atteint à environ 6,4 kilomètres de l'île, équipage en cours d'évacuation, sans victime selon ses propres sources. Quelques heures plus tôt, le chef d'état-major iranien Ali Abdollahi avait averti que toute nouvelle frappe contre des pétroliers entraînerait des représailles contre des bases américaines dans la région. La menace s'est concrétisée le jour même : les Gardiens de la révolution ont tiré vingt missiles balistiques sur la base américaine d'Al-Azraq, en Jordanie. Amman affirme en avoir intercepté dix-huit, les deux autres étant tombés dans des zones désertiques inhabitées.
Mercredi 9 septembre, Téhéran a revendiqué une nouvelle salve : deux navires américains, huit pétroliers et dix "navires non conformes" auraient été visés dans le détroit d'Ormuz, selon les médias d'État repris par l'agence Irna — une version qu'aucune source occidentale indépendante n'a confirmée à ce stade.
À Bruxelles, cette escalade retient surtout une question annexe mais révélatrice : celle du prix que paient les alliés de Washington sollicités pour sécuriser la navigation. La presse belge relève le dilemme sud-coréen : Séoul envisage une "contribution" à la sécurisation d'Ormuz, et Téhéran a aussitôt averti que "tout déploiement militaire ou toute participation d'autres pays" serait considéré comme "un soutien direct à la partie responsable de cette agression". Le président Lee Jae Myung en a discuté avec Emmanuel Macron, à Paris, où il séjournait pour les 140 ans de relations bilatérales franco-coréennes — signe que la question dépasse l'Asie et touche aussi les partenaires européens de Washington.
Pour la Belgique, membre de l'Otan et économie ouverte tributaire du fret maritime, l'épisode illustre un risque désormais partagé par tout allié américain : être sommé de choisir un camp sans avoir déclenché le conflit, au moment même où le baril flirte avec les 100 dollars et où la moindre implication navale expose à des représailles annoncées d'avance.
SOURCES (2)
- La Libre BelgiqueMOYEN
- DH (Dernière Heure)MOYEN
