ANGLE DOMINANT
Canberra mesure la crise du Golfe à l'aune de sa propre Bourse, entre repli attendu de l'ASX et baril repassé au-dessus de 100 dollars.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Brent a grimpé de 3 % à 100,87 dollars le baril, dépassant les 100 dollars pour la première fois depuis juillet.
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L'ASX était attendu en repli de 94 points (-1,1 %) à l'ouverture, après une perte de 0,1 % la veille, tandis que le dollar australien s'échangeait à 72,16 cents US.
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Donald Trump a déclaré que les prix du pétrole resteraient élevés « jusqu'après les élections de mi-mandat » de novembre.
ANALYSE
Canberra, 10 septembre 2026. La presse australienne mesure la crise du Golfe à l'aune de sa propre Bourse autant qu'à celle du champ de bataille. Mardi 8 septembre, le commandement central américain a annoncé avoir détruit cinq pétroliers iraniens de brut, en riposte à deux tirs de missiles balistiques des Gardiens de la révolution contre un navire de guerre américain, esquivés sans faire de blessé. « L'Iran continue d'essayer de frapper des navires américains, et chaque fois qu'ils le font ou essaient de le faire, ils vont perdre des pétroliers », a averti le secrétaire d'État Marco Rubio, en déplacement en Colombie. Téhéran a répliqué par des tirs de missiles sur la base d'Al-Azraq, en Jordanie : Amman affirme en avoir intercepté 18 sur 20, les deux autres tombant en zone inhabitée sans faire de victimes. Mercredi 9 septembre, les Gardiens de la révolution ont revendiqué des frappes contre deux navires américains, huit pétroliers et dix « navires non conformes » dans le détroit d'Ormuz — une revendication iranienne non vérifiée de façon indépendante.
C'est l'onde de choc sur les marchés que la presse australienne détaille en premier lieu. Wall Street a reculé mercredi, le Dow Jones perdant 405 points (-0,8 %), tandis que le Brent grimpait de 3 % à 100,87 dollars le baril, franchissant les 100 dollars pour la première fois depuis juillet. L'ASX était attendu en repli de 94 points (-1,1 %) à l'ouverture ; le dollar australien s'échangeait à 72,16 cents US. Donald Trump a jugé que les prix resteraient élevés « jusqu'après les élections de mi-mandat » de novembre. Le conflit, entamé le 28 février, a quasiment interrompu le trafic dans le détroit d'Ormuz, par où transitait auparavant un cinquième de l'offre mondiale de pétrole.
Canberra retient aussi les menaces iraniennes sur les infrastructures énergétiques du Golfe : le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que « la chaîne de production pétrolière et gazière est étendue, accessible et exposée », en réponse à un responsable américain qui avait qualifié la flotte pétrolière iranienne de « sans défense ». Pour une économie exportatrice de matières premières, la prime de risque sur le baril pèse sur les places financières et la devise nationale autant que sur les équilibres stratégiques régionaux.
