ANGLE DOMINANT
Katmandou mesure la guerre du pétrole au sort des équipages civils pris entre deux feux, des marins philippins noyés dans le détroit d'Ormuz aux navires sommés d'être abandonnés au Koweït et à Bahreïn.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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CENTCOM a détruit cinq pétroliers de brut iraniens mardi 8 septembre, geste présenté par Marco Rubio comme réponse aux tirs de missiles balistiques des IRGC contre un navire de guerre américain
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La défense antiaérienne jordanienne a intercepté 18 des 20 missiles iraniens visés sur la base d'Al-Azraq, les deux autres tombant en zones inhabitées sans faire de victimes
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Selon Ratopati, la marine omanaise a secouru 16 des 25 membres d'équipage d'un pétrolier saoudien attaqué dans le détroit d'Ormuz, et deux marins philippins sont morts, confirme la compagnie maritime saoudienne
ANALYSE
Katmandou, jeudi 10 septembre 2026. Pour le Népal, pays qui envoie des dizaines de milliers de marins dans les flottes marchandes du Golfe et de l'océan Indien, l'escalade entre Washington et Téhéran se lit d'abord par le sort des équipages civils pris entre deux feux, avant le décompte des pétroliers détruits ou des missiles interceptés.
Mardi 8 septembre, le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir détruit cinq pétroliers de brut iraniens et publié la vidéo des frappes, présentées comme une réponse aux tirs de missiles balistiques des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) contre un navire de guerre américain, à deux reprises, sans blessé côté américain. « L'Iran continue d'essayer de frapper des navires américains, et chaque fois qu'ils le font ou essaient de le faire, ils vont perdre des pétroliers », a déclaré le secrétaire d'État Marco Rubio, en déplacement en Colombie. Téhéran a riposté le même jour en tirant des missiles balistiques sur la base américaine d'Al-Azraq, en Jordanie : la défense antiaérienne jordanienne en a intercepté dix-huit sur vingt, les deux autres tombant en zones inhabitées, sans victime.
Mercredi 9 septembre, les Gardiens de la révolution ont revendiqué des frappes contre deux navires américains, huit pétroliers et dix « navires non conformes » dans le détroit d'Ormuz, une revendication iranienne non vérifiée de façon indépendante. La marine iranienne a sommé les équipages mouillant au Koweït et à Bahreïn d'abandonner immédiatement leurs bords, accusant les deux pays d'héberger des forces américaines. Une guerre qui dure depuis plus de six mois, entre accalmies et flambées.
Pour Katmandou, l'épisode qui parle le plus reste antérieur : selon Ratopati, la marine omanaise a secouru seize des vingt-cinq membres d'équipage d'un pétrolier saoudien touché dans le détroit d'Ormuz, et la compagnie maritime saoudienne a confirmé la mort de deux marins philippins. Un autre équipage a perdu un homme dans un accident visant un pétrolier battant pavillon de Gibraltar au large de Dubaï. Le Brent a grimpé à 99,35 dollars le baril mercredi, alourdissant la facture d'un pays himalayen sans littoral qui importe la totalité de ses produits pétroliers via l'Inde. Aucune source ne mentionne à ce stade de marin népalais parmi les victimes, mais la région du Golfe concentre une large part des gens de mer originaires d'Asie du Sud.
