ANGLE DOMINANT
Doha mise sur la médiation active et pousse pour une réouverture inconditionnelle du détroit d'Ormuz, qu'elle juge urgente avant une « catastrophe industrielle » mondiale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le porte-parole qatari Majed Al-Ansari qualifie la prolongation de la crise du détroit d'Ormuz de risque de « catastrophe industrielle » mondiale.
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Le Premier ministre qatarien Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani a rencontré son homologue chinois Wang Yi à Pékin le 8 septembre pour discuter de solutions à la fermeture du détroit.
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Selon les données Kpler citées par Al Jazeera, le trafic à travers Ormuz est tombé à une moyenne de dix navires marchands par jour sur dix jours, son plus bas niveau depuis mai.
ANALYSE
Doha, 10 septembre 2026. Washington a annoncé avoir détruit cinq pétroliers iraniens mardi 8 septembre ; Téhéran a riposté par des missiles balistiques sur la base américaine d'Al-Azraq en Jordanie, dont 18 sur 20 ont été interceptés selon l'armée jordanienne. Face à cette escalade, le Qatar refuse la logique du coup pour coup. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a averti que la réouverture du détroit d'Ormuz était une priorité absolue, le monde risquant une « catastrophe industrielle » si la crise perdure. Un autre porte-parole, Ibrahim Al Hashmi, a jugé « inacceptable » cette situation de « ni guerre ni paix », qui ne profite « ni à la région, ni à ses habitants ».
Doha mise sur la médiation plutôt que sur l'affrontement. Le Premier ministre et chef de la diplomatie qatarienne, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a rencontré son homologue chinois Wang Yi à Pékin mardi pour évoquer la sécurité régionale et des pistes de sortie de crise pour le détroit. « De nouvelles idées sont discutées » entre le Qatar et d'autres médiateurs, a précisé Al Hashmi, associant la Chine à cet effort diplomatique aux côtés d'Oman, également engagé dans des pourparlers avec Téhéran.
Cette insistance s'explique par une exposition directe : les données de Kpler citées par Al Jazeera montrent que le trafic commercial à travers Ormuz est tombé à une moyenne de dix navires par jour sur dix jours, son niveau le plus bas depuis mai, après les frappes croisées sur les pétroliers. Le baril a franchi 99 dollars mercredi 9 septembre, cristallisant les craintes qataries pour ses propres exportations de gaz naturel liquéfié, qui transitent en partie par le même goulet d'étranglement.
Doha se garde d'endosser ouvertement une posture pro-américaine ou pro-iranienne, préférant le rôle d'intermédiaire. Le message qatarien reste constant depuis le début de la guerre, le 28 février : la priorité n'est pas de désigner un responsable entre les cinq pétroliers frappés par Washington et les missiles tirés sur Al-Azraq, mais d'obtenir une volonté politique commune, côté américain comme iranien, pour sortir de l'impasse.
SOURCES (3)
- Al Jazeera ArabicMOYEN
