ANGLE DOMINANT
Bagdad calcule déjà la facture : près d'un tiers des recettes pétrolières irakiennes s'évapore dans les péages que Téhéran impose sur le détroit d'Ormuz, pendant qu'un pétrolier chargé de fioul irakien brûle dans les eaux territoriales du pays.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Une analyse de l'économiste Nabil Al-Marsoumi calcule que les péages iraniens sur Ormuz ont absorbé environ 1,3 milliard de dollars des recettes pétrolières irakiennes du seul mois d'août, ramenant les entrées nettes du Trésor à 2,5 milliards de dollars.
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Le député Mansour Al-Baiji affirme que la SOMO paie jusqu'à 20 dollars de frais de transit par baril directement à l'Iran, exposant l'organisme public à un risque de sanctions américaines secondaires.
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Un drone a touché mercredi 9 septembre le pétrolier New Andros, chargé d'environ 2 millions de barils de fioul irakien, dans les eaux territoriales irakiennes ; les 22 membres d'équipage sont indemnes.
ANALYSE
Bagdad, jeudi 10 septembre 2026. Pendant que Washington et Téhéran échangent frappes et missiles, l'Irak regarde sa facture pétrolière fondre. Une analyse de l'économiste Nabil Al-Marsoumi, publiée mercredi 9 septembre, chiffre à près d'un tiers la part des recettes irakiennes absorbée par les péages que l'Iran impose aux pétroliers franchissant le détroit d'Ormuz. Bagdad aurait versé directement environ 1,3 milliard de dollars aux autorités iraniennes au seul mois d'août, ramenant 4,5 milliards de dollars d'exportations brutes d'hydrocarbures à un solde intermédiaire de 3,2 milliards, puis, une fois déduits coûts de production et redevances versées aux opérateurs étrangers, à seulement 2,5 milliards de recettes nettes pour le Trésor. Le député Mansour Al-Baiji, vice-président du bloc parlementaire Reconstruction et Développement, avait averti la veille que des frais de transit atteignant 20 dollars le baril sont réglés directement à l'Iran par l'Organisation d'État irakienne de commercialisation du pétrole (SOMO) — une pratique qui expose selon lui l'organisme à de lourdes sanctions américaines secondaires. Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a averti les pays entretenant des liens commerciaux avec Téhéran que des sanctions pourraient bientôt viser les entités étatiques qui facilitent le contournement des restrictions financières iraniennes.
Le conflit a aussi frappé directement les eaux irakiennes. Mercredi, le pétrolier New Andros, battant pavillon panaméen et chargé d'environ 2 millions de barils de fioul irakien, a été touché par un drone dans les eaux territoriales du pays, selon Reuters et les autorités portuaires irakiennes. L'incendie a été maîtrisé par les secours irakiens ; les 22 membres d'équipage sont indemnes. L'épisode survient deux jours après que les forces américaines ont détruit cinq pétroliers iraniens, en riposte à des tirs de missiles balistiques des Gardiens de la révolution contre un navire de guerre américain, et au lendemain de frappes iraniennes revendiquées contre des navires en mer d'Oman et près de Kharg, ainsi que sur la base américaine d'Al-Azraq en Jordanie. Le trafic à Ormuz s'en ressent : selon Kpler, seuls six pétroliers suivis ont franchi le détroit mardi, contre une moyenne de douze sur dix jours. Pour Bagdad, dont l'économie reste très dépendante des exportations via ses terminaux du sud, chaque semaine de blocage se traduit en pertes chiffrées et en risque croissant de sanctions collatérales.
