ANGLE DOMINANT
Séoul pèse un dilemme que ni Washington ni Téhéran ne lui laissent différer : rejoindre les opérations dans le détroit d'Ormuz risque d'exposer la Corée du Sud à des « conséquences sérieuses » iraniennes, s'y refuser risque de fragiliser l'alliance avec les États-Unis.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un sondage Hangil Research pour Kuki News (5-7 septembre) montre 47,1% des Coréens opposés à un déploiement au détroit d'Ormuz contre 43% favorables, avec 62,4% d'opposition chez les progressistes
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Le président Trump a demandé au président Lee de rejoindre les efforts pour « dénucléariser » l'Iran ; Lee aurait répondu « No thanks », réponse que Trump a dit vouloir se rappeler
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L'équipe d'évaluation du ministère de la Défense sud-coréen, partie aux Émirats arabes unis le week-end précédent, est rentrée à Incheon jeudi 10 septembre après avoir inspecté bases et ports près du détroit
ANALYSE
Séoul, 10 septembre 2026. Pendant que Washington annonce avoir détruit cinq pétroliers iraniens mardi 8 septembre et que Téhéran riposte par des missiles balistiques sur la base américaine d'Al-Azraq en Jordanie — 18 des 20 tirs interceptés selon Amman —, puis revendique mercredi 9 septembre des frappes contre des navires américains et des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, la Corée du Sud pèse une décision qui pourrait l'entraîner directement dans ce conflit. Le baril a franchi les 100 dollars mercredi, du jamais-vu depuis juillet — le Brent a clôturé en hausse de 2,8% à 100,62 dollars — et Wall Street a reculé, le Dow Jones perdant 407 points.
Séoul a dépêché ce week-end une équipe d'évaluation du ministère de la Défense aux Émirats arabes unis pour examiner bases, ports et conditions logistiques près du détroit ; elle est rentrée jeudi 10 septembre à l'aéroport d'Incheon, rapporte Yonhap. Le gouvernement insiste : cette mission « n'a pas été décidée sur la prémisse d'un déploiement militaire », selon un responsable du ministère, qui dément par ailleurs toute échéance de novembre fixée par Washington. Des analystes notent que l'inaction de Séoul pourrait peser sur les discussions en cours avec Washington sur les sous-marins nucléaires et le transfert du commandement opérationnel en temps de guerre.
La pression américaine est directe : le président Donald Trump a personnellement demandé au président Lee Jae-myung de rejoindre les efforts pour « dénucléariser » l'Iran ; Lee aurait répondu « No thanks », une réponse que Trump a dit vouloir « se rappeler ». À Paris mardi, Lee et Emmanuel Macron ont convenu de coordonner leurs efforts pour restaurer la liberté de navigation dans le détroit, sans que cela ne signale, selon la présidence sud-coréenne, un déploiement imminent.
Téhéran, de son côté, a averti que toute implication militaire coréenne, y compris un soutien non combattant, aurait des « conséquences sérieuses ». Un sondage Hangil Research pour Kuki News, mené du 5 au 7 septembre, montre une opinion publique divisée : 47,1% des Coréens s'opposent à un déploiement, contre 43% favorables — l'opposition grimpe à 62,4% chez les personnes se déclarant progressistes. Le prochain dialogue de défense Corée-États-Unis à Busan pourrait relancer le débat, même si le dossier n'y figure pas officiellement à l'ordre du jour.
SOURCES (4)
- YonhapMOYEN
- Korea TimesMOYEN
- KBS WorldMOYEN
