ANGLE DOMINANT
Pékin mesure d'abord le prix du baril dans cet échange direct entre Washington et Téhéran, la Chine restant le premier acheteur du brut iranien que les frappes américaines visent à tarir.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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CENTCOM a détruit cinq pétroliers iraniens mardi 8 septembre et affirme qu'ils appartenaient à un « réseau clandestin de plusieurs milliards de dollars » finançant les IRGC (CGTN).
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La défense aérienne jordanienne a intercepté 18 des 20 missiles balistiques tirés depuis l'Iran contre la base d'Al-Azraq, deux étant tombés en zone inhabitée.
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Le Brent a dépassé 100 dollars le baril mercredi, un premier seuil depuis juillet, selon le South China Morning Post citant Donald Trump.
ANALYSE
Pékin, 10 septembre 2026. Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir détruit mardi cinq pétroliers de brut iraniens, publiant la vidéo des frappes qu'il présente comme une riposte à deux tirs de missiles balistiques des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) contre un navire de guerre américain. Selon CGTN, Washington affirme que ces navires appartenaient à un « réseau clandestin de plusieurs milliards de dollars » finançant les IRGC — une version martelée mercredi par CENTCOM, qui a qualifié de « complètement fausses » les revendications iraniennes d'avoir touché deux destroyers, DDG-119 et DDG-53.
En riposte, Téhéran a tiré une vingtaine de missiles balistiques sur la base américaine d'Al-Azraq, en Jordanie. Les forces jordaniennes en ont intercepté 18, les deux autres tombant dans des zones inhabitées, a précisé leur porte-parole. Les Gardiens de la révolution ont ensuite revendiqué, sans confirmation indépendante, une attaque contre deux navires américains, huit pétroliers et dix « navires non conformes » dans le détroit d'Ormuz — un décompte que Washington conteste frontalement.
Pour la presse chinoise, l'enjeu premier reste le baril. Le Brent a franchi 100 dollars mercredi pour la première fois depuis juillet, alors que la Chine demeure le principal acheteur du brut iranien via un réseau de raffineries indépendantes que Washington cherche précisément à asphyxier par ses frappes répétées sur les tankers. CGTN relève que l'Iran négocie avec Oman un corridor maritime temporaire sécurisé dans le détroit, dossier « en phase finale » selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, qui dénonce une insécurité résultant selon lui de « l'agression militaire américano-israélienne ». Téhéran a par ailleurs averti les équipages de pétroliers mouillant au Koweït et à Bahreïn de quitter leurs navires, accusant ces deux pays d'héberger des forces américaines.
Le South China Morning Post note que Donald Trump a prédit mercredi une fin de guerre « immédiatement après » les élections de mi-mandat américaines, évoquant une pression économique censée épuiser Téhéran. Pékin, premier importateur de brut iranien, mesure combien cette guerre de l'énergie, entrée dans son septième mois, pèse sur ses propres approvisionnements et sur le coût du fret, dans une région où la marine iranienne affirme aussi avoir capturé un drone sous-marin américain.
