ANGLE DOMINANT
Riyad mesure la flambée du baril et le risque que les menaces iraniennes contre le Koweït et Bahreïn referment un peu plus le détroit d'Ormuz, artère vitale de ses propres exportations pétrolières.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le CENTCOM affirme avoir détruit cinq pétroliers iraniens le 8 septembre dans le golfe d'Oman et près de l'île de Kharg, dont le M/T Riesco, coulé selon la vidéo diffusée par l'armée américaine.
- 02
La Jordanie déclare avoir abattu 18 des 20 missiles balistiques tirés par l'Iran contre la base américaine d'Al-Azraq.
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Le Brent a atteint 99,49 dollars le baril en séance asiatique du 9 septembre selon le Saudi Gazette, contre 99,46 dollars selon Asharq Al-Awsat.
ANALYSE
Riyad, 10 septembre 2026. Le baril s'est rapproché de la barre des 100 dollars mercredi 9 septembre, après un nouvel accès de fièvre entre Washington et Téhéran dans le Golfe. Le Brent a grimpé jusqu'à 99,49 dollars en séance asiatique, selon le Saudi Gazette — 99,46 dollars selon Asharq Al-Awsat, qui situe le brut américain WTI à 94,45 dollars. Pour un royaume qui tire l'essentiel de ses recettes de ses exportations pétrolières, la hausse profite aux caisses de l'État mais sanctionne une insécurité qui menace directement la route par laquelle transite une partie du brut saoudien.
L'engrenage remonte à mardi 8 septembre. Le Commandement central américain (CENTCOM) annonce avoir détruit cinq pétroliers iraniens dans le golfe d'Oman et près de l'île de Kharg, en réponse à deux tirs de missiles balistiques des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) contre un navire de guerre américain. Le navire a esquivé les tirs, aucun Américain n'a été blessé, précise le CENTCOM, qui a publié une vidéo du naufrage du pétrolier M/T Riesco. Le secrétaire d'État Marco Rubio a averti, depuis la Colombie : « L'Iran continue d'essayer de frapper des navires américains, et chaque fois qu'ils le font ou essaient de le faire, ils vont perdre des pétroliers. »
Téhéran a répliqué en tirant des missiles sur la base américaine d'Al-Azraq, en Jordanie ; Amman affirme en avoir abattu 18 sur 20. Les Gardiens de la révolution revendiquent avoir endommagé des installations de maintenance et des abris pour chasseurs, selon l'agence IRNA. Mercredi, l'IRGC a affirmé avoir visé deux navires américains et huit pétroliers supplémentaires franchissant le détroit d'Ormuz, causant, selon ses termes, de « grands dégâts » — une revendication non vérifiée de façon indépendante. Téhéran a également annoncé viser des pétroliers au large du Koweït et de Bahreïn, deux voisins du Golfe accusés d'héberger des forces américaines.
Six mois après le début du conflit, Asharq Al-Awsat décrit une impasse : l'Iran conserve son emprise sur le détroit d'Ormuz, Washington maintient son blocus naval des ports iraniens. Pour Riyad, chaque flambée confirme la fragilité d'une voie de passage dont dépend une part de ses propres débouchés énergétiques.
