ANGLE DOMINANT
Paris scrute la chaîne de contrôle qui a laissé un copilote écarté d'Oman Air pour radicalisme présumé rejoindre le cockpit d'un vol Dubaï-Tel-Aviv, plus que la qualification judiciaire émirienne.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le procureur général émirien Hamad Saif Al Shamsi a déclaré samedi 3 octobre que le copilote avait « commencé à mettre à exécution un acte terroriste » avec la hache de secours du cockpit (WAM, repris par RFI et Le Monde).
- 02
Selon CNN, ABC, Al-Arabiya et le Wall Street Journal, cités par Le Monde et 20 Minutes, le copilote avait été interdit de piloter par Oman en raison de craintes liées à des opinions extrémistes.
- 03
Selon RFI, les autorités israéliennes avaient reçu la liste de l'équipage, mais ni le ministère des Transports, ni le Shin Bet, ni le Mossad n'ont relevé les alertes sur le copilote.
ANALYSE
Paris, 4 octobre 2026. La presse française reprend d'abord la déclaration du procureur général des Émirats arabes unis, Hamad Saif Al Shamsi, rapportée samedi 3 octobre par l'agence officielle WAM : le copilote du vol Flydubai FZ1073 « avait commencé à mettre à exécution un acte terroriste », « agressé le commandant de bord dans le cockpit à l'aide de la hache de secours » et tenté « de prendre les commandes de l'avion ». RFI, Le Monde, Sud Ouest et 20 Minutes rappellent que l'enquête se poursuit « afin d'établir toutes les circonstances de l'incident et ses motivations ».
L'incident remonte à mercredi 30 septembre. Le commandant indien, Smit Machchhar, a réussi à ouvrir la porte du cockpit, permettant à des passagers et à l'équipage de maîtriser l'agresseur ; l'appareil, qui avait « vertigineusement chuté », s'est posé en Arabie saoudite. Le HuffPost précise que le vol transportait 174 personnes, dont 166 Israéliens. Les titres français ne s'accordent pas sur l'arme : hache de secours selon le procureur, couteau selon BFMTV et le HuffPost.
Le cœur du traitement tient au profil du suspect. Citant CNN, ABC, Al-Arabiya et le Wall Street Journal, les médias français indiquent que Hammam al-Hammami, Omanais dont la mère est syrienne, aurait été interdit de vol par Oman en raison d'opinions extrémistes, après un séjour en Syrie, puis aurait postulé sans succès chez Emirates avant de rejoindre Flydubai. BFMTV, qui a analysé un profil LinkedIn vu par CNN, évoque aussi un passage par la Royal Air Maroc. Sud Ouest et RFI notent que le procureur n'a pas révélé la nationalité du copilote, une source saoudienne ayant parlé d'un Omanais à l'AFP.
RFI consacre un reportage depuis Jérusalem à la « polémique sécuritaire » : la loi israélienne impose aux compagnies de transmettre la liste des équipages 48 heures avant l'atterrissage, et les autorités l'avaient reçue, mais le ministère des Transports dit manquer d'outils de renseignement, le Shin Bet rappelle n'être mandaté que pour les compagnies israéliennes, et plusieurs députés réclament une enquête parlementaire.
BFMTV donne enfin la parole à Benjamin Netanyahu, qui a invité le pilote en Israël : « Vous êtes un véritable héros des peuples courageux de l'Inde et d'Israël ». Le Premier ministre israélien affirme que le copilote avait subi un endoctrinement islamiste radical et voulait faire s'écraser l'avion. Les articles disponibles ne détaillent ni la suspension des vols émiriens vers Israël ni les enquêtes australiennes.
SOURCES (5)
- Sud OuestMOYEN
- HuffPost FranceMOYEN
- BFMTVMOYEN
