ANGLE DOMINANT
Jérusalem scrute d'abord ses propres failles : le dernier maillon du contrôle des équipages, censé être israélien, n'a rien détecté, et la presse réclame une enquête plutôt qu'un tour d'honneur.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le procureur général émirien a qualifié samedi 3 octobre de tentative d'« acte terroriste » l'attaque du copilote à la hache de secours (WAM, via Jerusalem Post).
- 02
L'Autorité fiscale israélienne avait la liste complète de l'équipage et des passagers avant le départ, en vertu d'une loi de 2023 ; le ministère des Transports dit n'avoir pas reçu les noms des pilotes.
- 03
Selon CBS, Flydubai a embauché le copilote sans vérification auprès d'Oman, qui l'avait écarté d'un poste de pilote après des visites de sites extrémistes.
ANALYSE
Jérusalem, 4 octobre 2026. En Israël, l'affaire du vol FZ1073 se lit d'abord comme un échec du filtrage, avant d'être un attentat déjoué. Le procureur général émirien, Hamad Saif Al Shamsi, a déclaré samedi 3 octobre, selon l'agence WAM, que le copilote avait tenté un « acte terroriste » : il aurait attaqué le commandant avec une hache de secours et cherché à prendre les commandes. Le Jerusalem Post note que ce sont les premiers propos émiriens à employer ce terme ; le conseiller présidentiel Anwar Gargash affirme la « tolérance zéro » des Émirats envers le terrorisme.
La presse détaille le profil du suspect. Selon CNN, relayé par Haaretz, un profil LinkedIn effacé à son nom a publié, environ neuf heures après les faits, des images d'avions d'El Al et d'Arkia et de figures d'Al-Qaida. Selon CBS, cité par le Jerusalem Post, Oman le surveillait pour des visites de sites extrémistes et l'avait écarté d'un poste de pilote avant qu'il ne rejoigne Flydubai, sans vérification auprès des autorités omanaises. Le Wall Street Journal, repris par le même journal, évoque une chute de 17 400 pieds en 92 secondes, à 39° d'inclinaison.
Le récit du commandant Smit Machchhar à Benjamin Netanyahu, samedi soir selon Haaretz, occupe une place centrale : le copilote avait dit vouloir prier, puis l'a frappé par-derrière. « Je savais que si je ne le faisais pas, j'allais mourir », a dit le commandant. Netanyahu l'a qualifié de « héros pour Israël, l'Inde et le monde entier » et l'a invité, avec Narendra Modi, à allumer une flamme pour la fête de l'Indépendance. Donald Trump a salué sur TikTok le passager Yaniv Hayoun.
Mais le débat porte sur les responsabilités. L'Autorité fiscale détenait la liste de l'équipage et des passagers avant le départ, en vertu d'une loi de la Knesset de 2023 ; le Mossad y a accès sans l'examiner en général. Tamir Uri, du ministère des Transports, a répondu : « Nous ne sommes pas le Shin Bet », et reconnu que les noms n'avaient pas été transmis à sa division. Les autorités examinent aussi si des pilotes à double nationalité ont atterri à Ben-Gourion. Haaretz réclame « une enquête, pas un tour d'honneur ». Israël n'a pas encore pu interroger le suspect et dépend d'informations saoudiennes et émiriennes ; Arutz Sheva indique que les Émirats cherchent si un membre d'équipage l'a aidé.
SOURCES (3)
- Jerusalem PostMOYEN
- Arutz ShevaMOYEN
- Haaretz EnglishMOYEN
