ANGLE DOMINANT
Pretoria relativise l'invitation lancée à Vladimir Poutine pour le G20 de Miami en la confrontant aux frappes russes qui continuent de viser Kyiv malgré les pourparlers Lavrov-Rubio.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lavrov et Rubio ont exprimé mercredi un intérêt commun pour une trêve limitée portant sur les cibles agricoles et énergétiques, selon Business Day.
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Le même jour, le Kremlin a jugé que les conditions pour de futures négociations de paix n'étaient toujours pas réunies et qu'aucune rencontre de haut niveau n'était prévue.
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Des frappes de drones russes sur Kyiv ont fait au moins deux morts et 22 blessés quelques heures après l'entretien entre Zelensky et Trump à New York.
ANALYSE
Pretoria, 24 septembre 2026. L'invitation adressée par Washington à Vladimir Poutine pour le sommet du G20 de Miami en décembre se heurte, dans la presse sud-africaine, à des faits qui rappellent que la guerre continue. Selon Business Day, le secrétaire d'État américain Marco Rubio et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov ont tenu des discussions mercredi 23 septembre 2026 en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, où « les deux parties ont exprimé un intérêt pour une trêve limitée portant sur des cibles agricoles et énergétiques ». Le même jour, le Kremlin a fait savoir que les conditions pour de futures négociations de paix « n'étaient toujours pas réunies » et qu'aucune rencontre de haut niveau n'était prévue.
Ce décalage entre gestes diplomatiques et réalité du front structure la lecture sud-africaine de l'épisode. Quelques heures après l'entretien entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump à New York, la Russie a bombardé Kyiv aux drones, visant infrastructures ferroviaires, entrepôts et stations-service : au moins deux morts et 22 blessés, selon les autorités municipales, l'une des frappes les plus lourdes depuis que Moscou a déployé cet été des drones à propulsion par jet, plus rapides et plus difficiles à intercepter. Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a signalé qu'un immeuble de neuf étages non résidentiel avait été touché, ainsi qu'un centre d'affaires et des entrepôts.
À la tribune de l'ONU, Zelensky a exhorté les dirigeants mondiaux à continuer d'étouffer les revenus russes, estimant que « les revenus de la Russie doivent rester une cible » et que tout assouplissement des sanctions serait déplacé « quand les Ukrainiens vivent chaque jour sous la menace des missiles et des drones ». Sur Telegram, il a averti que des renseignements indiquaient que la Russie prépare « une nouvelle attaque massive » contre l'Ukraine. Interrogé par le Wall Street Journal, il a jugé que Poutine « n'est ni en train de gagner ni de perdre » la guerre, mais reste peu disposé à négocier directement.
Poutine, absent de l'Assemblée générale — il ne s'y déplace plus depuis plusieurs années —, y était représenté par Lavrov, qui a assuré au Conseil de sécurité que Moscou restait prêt à négocier une paix durable mais refusait une simple pause, jugée propice à un réarmement de Kyiv. Pour la presse sud-africaine, l'invitation au sommet de Miami s'inscrit dans cette contradiction persistante entre annonces de rapprochement et poursuite, sur le terrain, d'une guerre dont les lignes de front n'ont que peu bougé depuis des mois.
