ANGLE DOMINANT
Berlin accueille avec circonspection l'invitation lancée à Vladimir Poutine, et retient moins le geste diplomatique que l'avertissement de Marco Rubio sur un risque d'extension du conflit à d'autres pays, dont l'Allemagne elle-même.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Rubio a annoncé mercredi l'invitation de Poutine au sommet du G20 de décembre à Miami, au Trump National Doral, après une rencontre avec Lavrov à New York.
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Peskov a déclaré que la Russie était reconnaissante de l'invitation, dont le suivi passera par les canaux diplomatiques.
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Lavrov a rejeté devant le Conseil de sécurité de l'ONU toute idée de cessez-le-feu, affirmant que seule l'Europe voudrait une pause pour continuer à armer l'Ukraine.
ANALYSE
Berlin, jeudi 24 septembre 2026. La diplomatie américaine autour de la guerre en Ukraine occupe la presse allemande, entre invitation surprise et méfiance persistante face à une trêve jugée toujours incertaine. Depuis New York, où se tenait l'Assemblée générale des Nations unies, le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé mercredi que Washington invitait Vladimir Poutine au sommet du G20 prévu en décembre à Miami, au Trump National Doral, selon la FAZ. Rubio a justifié la démarche par une formule que la presse reprend : « Pour résoudre les problèmes, il faut aussi rencontrer les gens avec qui on n'est pas d'accord. » Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a fait savoir que Moscou se disait reconnaissant de l'invitation, dont le suivi passera par les canaux diplomatiques.
La Tagesschau souligne toutefois que la perspective d'une trêve reste vague. Rubio s'est dit confiant qu'une pause limitée des combats soit possible, portant sur les attaques contre les livraisons de céréales et les installations énergétiques, l'Ukraine et la Russie ayant, selon lui, signalé un intérêt commun après sa rencontre avec Sergueï Lavrov. Mais le ministre russe a douché cet optimisme peu après devant le Conseil de sécurité, rejetant toute idée de cessez-le-feu : seule l'Europe, a-t-il affirmé, souhaiterait une telle pause pour continuer à armer l'Ukraine. Volodymyr Zelensky, reçu par Trump la veille, a redit sa disponibilité pour cesser les frappes sur les installations énergétiques russes, un geste que Washington doit transmettre à Moscou ; Peskov a déjà écarté cette proposition partielle, disant privilégier un règlement global du conflit.
La FAZ retient un autre fil, plus sensible pour Berlin : Rubio a dit craindre une extension du conflit russe à d'autres pays, évoquant des attaques hybrides ou des actes de sabotage, sans citer explicitement l'incident de drones survenu à Leipzig. C'est ce risque de contagion, davantage que le protocole du sommet, que la presse allemande met en avant, qualifiant par ailleurs le climat de l'Assemblée générale de « routine cynique ». Zelensky a par ailleurs annoncé un accord avec la Finlande sur la production conjointe de drones, ouvert selon lui à d'autres pays comme le Canada ou l'Australie, tandis que Lavrov représentait seul la Russie à la tribune de l'ONU, Poutine n'ayant pas fait le déplacement.
