ANGLE DOMINANT
Paris dissocie l'invitation lancée à Vladimir Poutine pour le G20 de Miami de la réalité du front, où Sergueï Lavrov vient de fermer la porte à toute pause dans la guerre, quelques heures après que Volodymyr Zelensky s'est dit prêt à un moratoire énergétique et que Emmanuel Macron a réclamé un « double moratoire » sur les frappes.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Mardi 22 septembre à la tribune de l'ONU, Emmanuel Macron a plaidé pour un « double moratoire » sur les frappes contre les sites énergétiques en Russie et en Ukraine.
- 02
Mercredi 23 septembre devant le Conseil de sécurité, Sergueï Lavrov a répondu : « Nous n'allons pas faire de pause dans notre opération militaire spéciale », accusant l'Europe de vouloir « approvisionner en armes » l'Ukraine.
- 03
Kiev a critiqué Paris d'avoir obtenu à Bruxelles le retrait des sanctions contre l'oligarque russe Alicher Ousmanov, en échange de la grâce d'un Français détenu en Azerbaïdjan.
ANALYSE
Paris, jeudi 24 septembre 2026. À New York, où se referme la semaine de l'Assemblée générale de l'ONU, l'invitation lancée par Washington à Vladimir Poutine pour le G20 de Miami, en décembre, s'ajoute à un capharnaüm diplomatique que Paris avait tenté d'ordonner autour d'une seule idée : une trêve limitée aux infrastructures. Mardi 22 septembre, à la tribune de l'ONU, Emmanuel Macron a plaidé pour un « double moratoire » sur les frappes contre les sites énergétiques en Russie et en Ukraine. Volodymyr Zelensky, reçu le même jour par Donald Trump, s'est dit « prêt » à suspendre les attaques sur les installations russes « à condition que Moscou fasse de même ».
La réponse est venue le lendemain de Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, devant le Conseil de sécurité : « Nous n'allons pas faire de pause dans notre opération militaire spéciale », a-t-il tranché, accusant l'Europe de vouloir « obtenir une pause pour l'utiliser pour approvisionner en armes » l'Ukraine. C'est dans cet entre-deux que s'inscrit l'invitation américaine : le secrétaire d'État Marco Rubio en a résumé la logique par une formule reprise dans la presse française, « pour résoudre les problèmes, il faut rencontrer les personnes avec lesquelles on est en désaccord ». Aucune rencontre n'est annoncée comme imminente, mais Miami est présenté comme une occasion pour Poutine de croiser Trump et d'autres dirigeants.
Sur le terrain, la diplomatie n'a rien suspendu. Mercredi, deux personnes ont été tuées et 43 blessées à Kiev dans des frappes de drones ayant endommagé une station-service et un centre d'affaires, tandis qu'une attaque russe touchait un cargo à Odessa, tuant son capitaine ukrainien. À la tribune, Volodymyr Zelensky a dénoncé la « folie » de Poutine et affirmé que Moscou mobilise des ressortissants de 47 pays, dont la Corée du Nord, pour prolonger la guerre.
La séquence est compliquée, côté français, par un différend collatéral : Kiev a critiqué Paris d'avoir obtenu, à Bruxelles, le retrait des sanctions visant l'oligarque russe Alicher Ousmanov, en échange de la grâce d'un Français détenu en Azerbaïdjan. Zelensky y voit une brèche dans le front des sanctions censées priver Moscou des moyens de financer la guerre — au moment même où Washington ouvre à Poutine la porte d'un sommet international.
SOURCES (5)
- 20 MinutesMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- HuffPost FranceMOYEN
