ANGLE DOMINANT
Brasília mesure la portée de l'invitation lancée par Washington à Vladimir Poutine pour le G20 de Miami, elle qui présidait le sommet il y a deux ans et y voit un test de méthode diplomatique plus qu'une avancée vers la paix en Ukraine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Marco Rubio a remis mercredi 23 septembre l'invitation au G20 de Miami (14-15 décembre) à Sergueï Lavrov, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York
- 02
Zelensky s'est dit prêt, mardi 22 septembre, à cesser les frappes contre les infrastructures énergétiques russes si Moscou fait de même, tout en disant ignorer la position russe
- 03
Dans son discours du 23 septembre à l'ONU, Zelensky a accusé la Russie de faire combattre des ressortissants de 47 pays, citant l'Inde, Cuba et l'Afrique du Sud
ANALYSE
Brasília, 24 septembre 2026. La presse brésilienne suit avec attention l'invitation lancée mercredi par Washington à Vladimir Poutine pour le sommet du G20 qui se tiendra les 14 et 15 décembre à Miami. Selon la Folha de S.Paulo, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a remis l'invitation à son homologue russe Sergueï Lavrov en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, affirmant que « si Poutine l'accepte, il aura la chance de discuter avec Trump ». Le Kremlin, selon la même source, s'était dit plus tôt « prêt » pour une telle rencontre, sans commenter directement l'invitation.
Le journal rappelle que ce serait la deuxième rencontre entre les deux dirigeants depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, après le sommet chargé de symbolique militaire organisé en Alaska en août dernier — un épisode où le président américain avait repris une bonne part de la rhétorique russe sur la guerre en Ukraine, sans résultat concret. Rubio a par ailleurs évoqué la possible présence du dirigeant chinois Xi Jinping, arrivé cette semaine à Washington, Pékin ayant, selon Moscou, cherché le mois dernier à organiser une rencontre tripartite.
Pour Brasília, hôte du G20 il y a deux ans, l'épisode illustre combien le format reste otage des équilibres bilatéraux plus que des dossiers multilatéraux qu'il est censé porter. La presse locale relaie aussi les déclarations de Volodymyr Zelensky, qui s'est dit « prêt » mardi à cesser les frappes contre les infrastructures énergétiques russes si Moscou fait de même, tout en reconnaissant ignorer la position russe. Le Jornal de Brasília note que Trump avait annoncé la semaine dernière un accord entre Kiev et Moscou sur ce point, démenti ensuite par les deux capitales.
Le G1 rapporte enfin le discours de Zelensky devant l'Assemblée générale, mercredi, accusant la Russie de faire combattre des ressortissants de 47 pays, dont l'Inde, Cuba et l'Afrique du Sud, et affirmant que Moscou n'a conquis qu'un peu plus de 1 000 km² de territoire ukrainien cette année. Pour la diplomatie brésilienne, habituée à ménager Moscou au sein des BRICS tout en défendant le dialogue, l'invitation au G20 confirme que Washington entend faire du sommet de Miami un instrument de sa propre négociation avec la Russie, plutôt qu'une plateforme neutre entre puissances.
