ANGLE DOMINANT
Vilnius mesure l'invitation lancée à Vladimir Poutine à l'aune de la ligne de front : le même jour, Sergueï Lavrov refuse devant l'ONU d'arrêter la guerre, et Kyiv réclame des gages avant tout sommet.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Marco Rubio a annoncé mercredi l'invitation de Vladimir Poutine au sommet du G20 à Miami, juste après avoir rencontré Sergueï Lavrov à New York
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Sergueï Lavrov a déclaré au Conseil de sécurité de l'ONU que la Russie « n'a pas l'intention d'arrêter son opération militaire spéciale » après plus de quatre ans de guerre
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Volodymyr Zelensky a dit être prêt à cesser les frappes sur les installations énergétiques russes si Moscou fait de même, tout en ignorant la position du Kremlin sur ce point
ANALYSE
Vilnius, 24 septembre 2026. La presse lituanienne rapporte, mercredi, l'annonce du secrétaire d'État américain Marco Rubio : Vladimir Poutine est invité au sommet du G20 qui doit se tenir plus tard cette année à Miami. « Pour résoudre les problèmes, il faut rencontrer les gens avec qui on n'est pas d'accord », a déclaré M. Rubio à des journalistes new-yorkais, juste après avoir rencontré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans un hôtel de Manhattan, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. « Nous espérons qu'il acceptera cette invitation », a-t-il ajouté, présentant le sommet comme une occasion pour le président russe de dialoguer avec le président américain et d'autres dirigeants mondiaux.
Les titres lituaniens (15min, Kauno diena, Verslo žinios) placent cette annonce juste après la déclaration faite le même jour par Sergueï Lavrov devant le Conseil de sécurité de l'ONU : la Russie « n'a pas l'intention d'arrêter son opération militaire spéciale », a-t-il affirmé, accusant l'Europe de vouloir profiter d'une pause dans les combats pour armer Kyiv. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha lui a répondu que cette phrase « a tout dit », ajoutant : « La guerre de la Russie contre l'Europe n'est plus hybride. Au lieu de préserver la paix, la Russie répand la guerre. C'est le problème de tous. »
M. Rubio a aussi exhorté Moscou et Kyiv à s'entendre sur une trêve énergétique limitée, affirmant que les deux camps avaient manifesté leur intérêt. Cela ne mettrait pas fin à la guerre, a-t-il précisé, mais pourrait poser les bases d'un accord plus large. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait dit mardi être prêt à cesser de frapper les installations énergétiques russes si Moscou faisait de même, tout en reconnaissant ignorer la position du Kremlin sur ce point.
Devant l'Assemblée générale mercredi, Zelensky a rappelé que Vladimir Poutine était, selon lui, prêt à perdre 248 soldats pour chaque kilomètre carré conquis cette année, soit un peu plus de 1 000 kilomètres carrés en huit mois, dont Kyiv a déjà repris une bonne partie. Il a aussi évoqué l'envoi de troupes nord-coréennes en renfort des lignes russes les plus fragiles.
À Vilnius, cette juxtaposition — invitation cordiale d'un côté, refus russe de cesser le feu de l'autre — nourrit la prudence habituelle des médias baltes envers toute perspective de rencontre Trump-Poutine sans engagement clair de Moscou sur le terrain.
