ANGLE DOMINANT
Moscou salue une invitation qu'elle lit comme un signal de sérieux américain, tout en refusant d'y voir une pause dans les combats.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré à Interfax : « nous sommes reconnaissants à la partie américaine pour cette invitation », précisant que le dossier sera traité par les canaux diplomatiques.
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L'entretien entre Sergueï Lavrov et Marco Rubio à New York a duré 52 minutes ; immédiatement après, Lavrov a affirmé devant le Conseil de sécurité de l'ONU que la Russie ne ferait pas de pause dans « l'opération militaire spéciale » pendant les négociations.
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L'analyste Pavel Kochkine (ИСКРАН), cité par Vedomosti, estime que le choix de Rubio comme messager montre que Washington est « sérieux », alors que Bloomberg avait jugé « extrêmement faible » la probabilité que Poutine rejoigne le G20 plutôt que le sommet de l'APEC en Chine.
ANALYSE
Moscou, 24 septembre 2026. Le Kremlin affiche sa satisfaction. Mercredi, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a annoncé que Vladimir Poutine était invité au sommet du G20, prévu les 14 et 15 décembre à Miami, à l'issue d'un entretien de 52 minutes avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a réagi sans délai : « Nous avons entendu cette invitation, nous sommes reconnaissants à la partie américaine pour cette invitation, nous saluons cette invitation, et nous déterminerons la suite, en traitant le sujet par les canaux diplomatiques », a-t-il déclaré à l'agence Interfax.
Pour Moscou, le choix de l'émissaire compte. Le chercheur Pavel Kochkine, de l'Institut des États-Unis et du Canada (ИСКРАН), cité par Vedomosti, souligne que l'invitation transmise justement par Rubio — qu'il refuse de qualifier de « colombe » à l'égard de la Russie — signale que Washington « est sérieux » dans sa volonté de poursuivre le dialogue malgré les circonstances. Il y voit un « bon signe » pour la solidité de la diplomatie, tout en rappelant que les deux parties repartent du point de départ et cherchent de nouvelles formules.
L'épisode diplomatique n'efface pourtant pas la ligne de Moscou sur le terrain. Immédiatement après sa rencontre avec Rubio, Lavrov a affirmé devant le Conseil de sécurité de l'ONU que la Russie ne suspendrait pas « l'opération militaire spéciale » pendant d'éventuelles négociations, contrairement au souhait de l'Europe, qu'il accuse de vouloir seulement « obtenir un répit ». Il a dit Moscou prêt à négocier « une paix juste ». Rubio, de son côté, a jugé qu'un cessez-le-feu limité aux céréales et à l'énergie restait un objectif difficile, tout en affirmant que Washington tenterait d'y parvenir.
L'agence Bloomberg avait rapporté, deux jours avant l'annonce, que Poutine prévoyait plutôt de se rendre en Chine pour le sommet de l'APEC et de manquer le G20, des sources jugeant « extrêmement faible » la probabilité qu'il rejoigne Trump en Floride. Le Kremlin maintient par ailleurs sa position selon laquelle une rencontre avec Volodymyr Zelensky ne pourrait avoir lieu qu'à Moscou. L'émissaire présidentiel Kirill Dmitriev a salué sur X une administration Trump qui, dit-il, « privilégie le dialogue continu avec la Russie », tandis que l'UE et le Royaume-Uni « restent bloqués dans le Bidenthink ». Kommersant, plus réservé, décrit une semaine onusienne où les discussions sur l'Ukraine n'ont apporté « aucune solution de rupture ».
