ANGLE DOMINANT
Lisbonne questionne le sens de l'invitation lancée à un dirigeant visé depuis 2023 par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, alors que Moscou refuse déjà d'y voir une simple pause dans la guerre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Washington a formellement invité Vladimir Poutine au sommet du G20 des 14 et 15 décembre 2026 à Miami, a annoncé Marco Rubio le 23 septembre après un entretien avec Sergueï Lavrov à New York.
- 02
Poutine n'a plus assisté en personne à un sommet du G20 depuis que la Cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt contre lui en 2023, selon le Jornal Económico.
- 03
Sergueï Lavrov a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU que la Russie ne suspendra pas son opération militaire pendant d'éventuelles négociations avec l'Ukraine.
ANALYSE
Lisbonne, 24 septembre 2026. L'invitation formelle lancée par Washington à Vladimir Poutine pour le sommet du G20, qui se tiendra les 14 et 15 décembre à Miami, retient l'attention de la presse portugaise moins comme un geste d'ouverture que comme une question restée sans réponse : depuis que la Cour pénale internationale a émis, en 2023, un mandat d'arrêt contre le président russe, celui-ci n'a plus assisté en personne à un sommet du G20, rappelle le Jornal Económico. Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a annoncé l'invitation mercredi 23 septembre à New York, après un entretien à huis clos avec son homologue russe Sergueï Lavrov en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Il a présenté ce geste comme une occasion pour Poutine de dialoguer non seulement avec Donald Trump mais aussi avec d'autres dirigeants, espérant qu'elle « soit acceptée ». Rubio a défendu sa logique : il faut, selon lui, rencontrer les personnes avec qui l'on est en désaccord pour résoudre les problèmes, plutôt que de ne réunir que ceux qui s'entendent déjà. Interrogé sur une éventuelle trêve énergétique, il a affirmé que Moscou et Kiev avaient toutes deux montré de l'intérêt pour un cessez-le-feu limité couvrant les céréales et l'énergie. Au moment de la publication de ces articles, le Kremlin n'avait toutefois pas officiellement réagi à l'annonce, tandis que Sergueï Lavrov, au Conseil de sécurité de l'ONU, prévenait que la Russie « não vai interromper » son opération militaire pendant d'éventuelles négociations, accusant les Européens de ne rechercher qu'une pause tactique pour réarmer Kiev. La presse portugaise relie cette fermeté au seul précédent connu entre Poutine et Trump : leur rencontre en Alaska, le 15 août 2025, restée sans résultat concret après que la proposition américaine, d'abord acceptée par Moscou, a été rejetée par les dirigeants européens. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a par ailleurs assuré garantir la sécurité de Volodymyr Zelensky s'il se rendait à Moscou, tout en jugeant qu'un sommet russo-américain organisé sans travail préparatoire serait « une perte de temps ». Selon le Jornal Económico, ni le Kremlin ni Zelensky n'avaient encore commenté l'invitation elle-même à l'heure de la publication.
