ANGLE DOMINANT
Berlin dissèque l'effritement interne de la FIFA autour de Gianni Infantino, entre démissions de proches et silence complice de l'Afrique de Patrice Motsepe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La CAF, présidée par Patrice Motsepe, reste silencieuse alors que l'UEFA, la CONCACAF et l'AFC condamnent ouvertement le projet de vente de parts du Mondial.
- 02
Le secrétaire général de la FIFA Mattias Grafström a dénoncé une « suite d'événements triste et blâmable » et un « tumulte », et le conseiller Carlos Cordeiro a démissionné par protestation.
- 03
Sepp Blatter propose sur X la Norvégienne Lise Klaveness comme candidate à la présidence de la FIFA, aux côtés d'Aleksander Čeferin et Victor Montagliani, avant la date limite de candidature de novembre 2026.
ANALYSE
Berlin, 6 août 2026. La presse allemande dissèque moins l'onde de choc extérieure autour de Gianni Infantino que l'érosion interne de son propre appareil. La Frankfurter Allgemeine Zeitung pointe un silence embarrassant : alors que l'UEFA, la CONCACAF et l'AFC se sont dressées « bruyamment et clairement » contre le projet de vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs, la CAF de Patrice Motsepe ne dit rien. Le journal rappelle que Motsepe doit sa présidence de 2021 à Infantino : les autres candidats avaient retiré leur candidature après s'être vu promettre d'autres rôles au sein de la FIFA. Le quotidien sud-africain The Sowetan est cité : « comme homme engagé depuis des décennies en politique et en affaires, Motsepe sait bien qu'il n'existe rien de tel qu'un déjeuner gratuit. » Sur 54 membres votants africains à la FIFA, la voix du Soudan du Sud, 169e mondial, pèse autant que celle de l'Allemagne — un rappel du poids électoral que Motsepe doit à Infantino.
Zeit Online documente en parallèle l'effritement au sommet même de la FIFA. Infantino a convoqué mercredi une réunion de crise à Rabat, selon The Times et Sky ; son ordre du jour resterait flou. Le secrétaire général Mattias Grafström a dénoncé une « suite d'événements triste et blâmable » et un « tumulte » ; Arsène Wenger, directeur du développement mondial du football à la FIFA, a pris ses distances ; son proche conseiller Carlos Cordeiro a démissionné par protestation la semaine précédente. Rabat abrite le siège régional africain de la FIFA, où se tiendront en 2027 le congrès et la prochaine élection présidentielle — dans la capitale du pays co-organisateur du Mondial 2030, où Infantino s'affichait encore récemment aux côtés du roi Mohammed VI.
Sur la succession, Zeit relaie la sortie de Sepp Blatter, qui propose sur X la Norvégienne Lise Klaveness, présidente de sa fédération depuis 2022, connue pour ses critiques du Mondial au Qatar et son opposition au « prix de la paix » décerné à Donald Trump. Aleksander Čeferin et Victor Montagliani (Concacaf) sont également cités comme candidats potentiels, les candidatures devant être déposées avant novembre 2026 — alors qu'Infantino, malgré le scandale et le rejet européen, entend se représenter. Le journal souligne l'ironie : Blatter, chassé en 2015 pour corruption, joue désormais la carte de la réforme, signe de la profondeur de la crise de légitimité de la FIFA.
