ANGLE DOMINANT
Bogotá isole une question inédite dans la crise Infantino — celle d'une présidente pour la FIFA — avant de relier l'affaire à sa propre actualité, via la visite prévue du dirigeant suisse-italien à l'investiture de Cali.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Quatre fédérations (Finlande, Galles, Serbie, Suède) ont retiré leur soutien à Infantino après l'échec du projet FIFA Forward Enterprise, qui visait à vendre 20 % des parts du Mondial pour 4,2 milliards de dollars (Semana).
- 02
Laura McAllister (Galles) et Lise Klaveness (Norvège), seules femmes du comité exécutif de l'UEFA, mènent la contestation ; Sepp Blatter a publiquement salué une possible présidence de Klaveness (La República).
- 03
El Colombiano rappelle qu'Infantino doit se rendre à Cali pour l'investiture du président élu Abelardo De La Espriella, malgré la crise qui fragilise sa légitimité.
ANALYSE
Bogotá, 6 août 2026. La presse colombienne aborde la crise qui secoue la FIFA sous un angle inédit : la question d'une présidence féminine, doublée d'un fil qui relie l'affaire à l'actualité nationale. Gianni Infantino voit sa réélection de mars 2027, à Rabat, s'assombrir après le retrait forcé de son projet FIFA Forward Enterprise (FFE), qui visait à céder 20 % des parts du Mondial à des investisseurs privés pour 4,2 milliards de dollars, sur une valorisation de 20 milliards. Trois confédérations ont rejeté le plan, forçant Infantino à reculer samedi. Avant la crise, il semblait promis à quatre années supplémentaires à la tête de l'instance ; l'échec du projet a fait chuter sa popularité parmi les fédérations affiliées, note Semana. Quatre fédérations — Finlande, Galles, Serbie et Suède — lui ont depuis retiré officiellement leur soutien. L'UEFA, qui réunit 55 fédérations européennes, a menacé de boycotter le Mondial et d'autres compétitions FIFA si le projet aboutissait, précise El Colombiano. Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la FIFA depuis 2019, a pris ses distances dans un communiqué : « Je n'ai pas été impliqué dans ce projet, dont j'ai appris l'existence par la presse », dit-il, jugeant le retrait « absolument nécessaire et incontestable ». Le secrétaire général Mattias Gragström se serait lui aussi désolidarisé par une note interne, selon Semana.
Mais l'angle que privilégie la presse bogotane reste celui du genre. La República souligne que les deux voix les plus critiques envers Infantino sont des femmes : Laura McAllister, Galloise et vice-présidente de l'UEFA, et Lise Klaveness, Norvégienne — seules femmes du comité exécutif de l'UEFA. « Ce serait merveilleux de voir une femme élue présidente de la FIFA », a déclaré McAllister à Reuters, tout en jugeant la question « bien plus complexe ». « Je voudrais croire que nous ne sommes pas loin d'avoir une présidente, mais je crains que si, car le football doit rattraper le reste de la société », a-t-elle ajouté. L'ancien président Sepp Blatter a publiquement salué Klaveness dès mardi, jugeant le moment venu pour qu'une femme dirige l'instance.
Détail qui ancre l'affaire dans l'actualité colombienne : El Colombiano rappelle qu'Infantino doit se rendre à Cali pour l'investiture du président élu Abelardo De La Espriella, rendez-vous maintenu alors même que sa propre légitimité vacille à l'échelle mondiale.
SOURCES (3)
- El ColombianoMOYEN
- La Republica COMOYEN
