ANGLE DOMINANT
Bruxelles décrypte la crise de gouvernance de la FIFA via le duel Čeferin-Infantino et l'implication supposée de Macron, plutôt que via les soutiens africains à Infantino, absents de sa couverture.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Aleksander Čeferin doit rencontrer Nasser al-Khelaïfi le 12 août, en marge de la Supercoupe d'Europe, pour évoquer un possible boycott de la Coupe du monde des clubs 2029 par les clubs européens (DH).
- 02
Infantino a convoqué mercredi une réunion d'urgence de la direction de la FIFA à Rabat, après les déclarations d'Arsène Wenger qui s'est désolidarisé du projet retiré (La Libre).
- 03
L'Élysée affirme au Parisien que la France « soutient pleinement Aleksander Ceferin » et « défend l'unité du football mondial » (DH, La Libre).
ANALYSE
Bruxelles, 6 août 2026. La presse belge lit la crise de la FIFA comme une bataille de gouvernance avant tout européenne, où Bruxelles retient surtout le rapport de force entre Aleksander Čeferin et Gianni Infantino plutôt que les accusations venues d'ailleurs. Selon La Libre et la DH, le président de l'UEFA doit profiter de la Supercoupe d'Europe entre le PSG et Aston Villa, le 12 août, pour rencontrer Nasser al-Khelaïfi, patron du PSG et de l'European Club Association (ECA), afin d'évoquer un possible boycott de la Coupe du monde des clubs 2029 par les clubs européens. Un scénario jugé loin d'être acquis : il faudrait que les quelque 850 clubs membres de l'ECA s'accordent sur une position commune, alors que la FIFA espère au contraire élargir l'épreuve à 48 équipes et lancer une version féminine.
Pour Thierry Zintz, expert en pratiques sportives à l'UCLouvain interrogé par la DH, cette offensive n'a « rien d'étonnant » : « La façon dont ça se présente fait penser que Ceferin veut se poser en ange blanc qui va nettoyer la Fifa », analyse-t-il, y voyant une gouvernance « éloignée des principes d'éthique pourtant affichés par la Fifa ». Ce recours à une lecture académique, plutôt qu'à l'accusation frontale, distingue le traitement belge.
Sur le front interne, Infantino a convoqué mercredi une réunion d'urgence de la direction de la FIFA à Rabat, après les déclarations d'Arsène Wenger, directeur du développement mondial du football à la FIFA. Wenger s'est désolidarisé du projet de vente de parts commerciales à des investisseurs privés, jugeant son retrait « absolument nécessaire et incontestable » et assurant ne pas y avoir été « impliqué ». Le secrétaire général Mattias Grafstrom, numéro deux de l'organisation, aurait de son côté évoqué auprès du personnel une « série d'événements tristes et répréhensibles ».
Autre fil suivi de près à Bruxelles : l'implication supposée d'Emmanuel Macron. Sans s'être exprimé publiquement, le président français se serait, selon L'Équipe, personnellement investi dans l'ombre. L'Élysée confirme au Parisien que la France « défend l'unité du football mondial » et « soutient pleinement Aleksander Ceferin », précisant continuer à « suivre ce sujet avec la plus grande attention ».
SOURCES (2)
- La Libre BelgiqueMOYEN
- DH (Dernière Heure)MOYEN
- L'Europe du foot passe à l'offensive contre Gianni Infantino : boycott, bataille pour la FIFA... "La crise de gouvernance est profonde"
- Gianni Infantino convoque une réunion d'urgence de la direction de la FIFA mercredi
- Arsène Wenger se désolidarise de Gianni Infantino : "Retirer le projet était absolument nécessaire"
- Emmanuel Macron impliqué en coulisses contre le projet d'Infantino ? "Il défend l'unité du football mondial"
