ANGLE DOMINANT
Dakar dissocie deux dossiers : la certitude d'un soutien massif à Infantino en Afrique et un malaise assumé face à son emprise sur la gouvernance du football continental.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le Soleil chiffre à près de 15 milliards de dollars les profits de la FIFA sur le cycle 2023-2026, avant le retrait du projet FFE qui visait à lever 10 milliards via des investisseurs privés.
- 02
Dakaractu rapporte que l'UEFA met en demeure la FIFA de conserver toutes les preuves et menace de poursuites judiciaires, d'arbitrage et de plaintes réglementaires.
- 03
PressAfrik cite le journaliste Abdoulaye Thiam anticipant un vote panafricain unanime pour Infantino (« 54 sur 54 pays ») tout en critiquant l'alignement de la CAF sur la FIFA.
ANALYSE
Dakar, 6 août 2026. La presse sénégalaise ausculte la chute de Gianni Infantino avec un regard dédoublé : d'un côté l'image d'un patron du football mondial fragilisé, de l'autre la certitude que l'Afrique continuera de le soutenir en bloc.
Le Soleil livre le récit le plus sévère. Sa chronique retrace la dérive du président de la FIFA, qui a « réussi à transformer la Fifa en empire financier insatiable », rappelant près de 15 milliards de dollars de profits générés sur le cycle 2023-2026 avant le projet avorté de FFE, cette société ouverte à 20 % aux investisseurs privés pour lever jusqu'à 10 milliards de dollars. Le journal file la métaphore de la grenouille de La Fontaine, qui « a fini par éclater sous l'effort, victime de sa vanité ». Malgré le retrait du projet, note le titre, « l'Uefa réclame sa tête pour rétablir la confiance en la Fifa », tandis que la Concacaf exige une « mise à plat complète » de sa gouvernance.
Dakaractu documente la mécanique des représailles européennes : dans un courrier relayé par The Telegraph, l'UEFA « envisage sérieusement d'engager des poursuites judiciaires, une procédure d'arbitrage et/ou de déposer des plaintes », et met en demeure la FIFA de conserver toute preuve, prévenant que « ce n'était pas la fin de l'histoire ». Le site relaie aussi la réunion de crise convoquée par Infantino au Maroc, où Arsène Wenger affirme ne pas avoir été « impliqué » dans le projet tout en jugeant son retrait « absolument nécessaire et incontestable ».
Mais c'est PressAfrik qui porte la tension la plus locale. Le journaliste Abdoulaye Thiam y critique l'alignement de la CAF sur la FIFA, jugeant que Patrice Motsepe « semble même pousser les fédérations africaines » vers le projet contesté, avant de prédire malgré tout un soutien continental total : « 54 sur 54 pays qui vont voter pour lui ». Il nuance l'accusation de clientélisme — « ce qu'on donne au Sénégal, à la Mauritanie ou au Maroc, c'est la même chose qu'on donne à la France » — tout en regrettant que les fédérations africaines soient traitées comme un simple « bétail électoral » dans les grandes décisions du football mondial.
SOURCES (5)
- Le Soleil SNMOYEN
- DakaractuMOYEN
- SenegoMOYEN
- PressAfrikMOYEN
- DakaractuMOYEN
