ANGLE DOMINANT
Canada scrute la facture « legacy » que la FIFA n'a pas encore honorée, en toile de fond du naufrage politique d'Infantino à Rabat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La FIFA aurait promis verbalement un million de dollars US à chacune des onze villes hôtes américaines du Mondial 2026 pour des projets « legacy » (The Athletic, cité par le Toronto Sun).
- 02
Il n'est pas établi que Toronto, ni les autres villes hôtes canadiennes et mexicaines, soient concernées par cette promesse (Toronto Sun).
- 03
Infantino a réuni en urgence les dirigeants de la FIFA à Rabat après l'abandon d'un projet de vente de 20 % des droits commerciaux du Mondial pour 4,2 milliards de dollars US (Globe and Mail).
ANALYSE
Canada scrute la crise Infantino à travers un angle très concret : celui des engagements financiers non tenus envers les villes hôtes du Mondial 2026, plutôt que le seul feuilleton politique européen.
Selon le Globe and Mail, Gianni Infantino réunit en urgence à Rabat les dirigeants de la FIFA pour tenter de contenir la fronde née de l'abandon de son projet de vente de 20 % des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés — un montage évalué à 4,2 milliards de dollars US, impliquant une société liée à Donald Trump. L'idée, présentée il y a une semaine aux 211 fédérations membres, avait suscité un torrent de critiques ; son retrait, vendredi dernier, n'a pas suffi à apaiser l'UEFA, qui accuse Infantino d'avoir « vendu l'âme du jeu » et affirme ne plus avoir confiance en sa direction. Sa réélection pour un quatrième mandat au Congrès de la FIFA à Rabat en mars, jugée acquise il y a deux mois, est désormais incertaine : plusieurs fédérations européennes ont retiré leur soutien, et le secrétaire général Mattias Grafström a évoqué en interne une « série d'événements tristes et condamnables ».
À ce récit européen, la presse canadienne ajoute une facture bien locale. Le Toronto Sun, citant une enquête de The Athletic, rapporte que la direction de la FIFA aurait promis verbalement un million de dollars à chacune des onze villes hôtes américaines pour financer des projets sociaux et des infrastructures, en plus des versements déjà annoncés publiquement après la Coupe du monde des clubs 2025. Quatre responsables de comités d'accueil, cités sous anonymat, réclament désormais des précisions à la FIFA, qui n'a pas répondu aux sollicitations. Le flou entoure directement Toronto : il n'est pas établi que la ville, pas plus que les autres sites hôtes canadiens et mexicains, soit concernée par cette promesse.
Le cadrage canadien est ainsi double : la crise de gouvernance qui secoue Infantino en Europe sert de toile de fond à une inquiétude plus terre-à-terre — celle d'une addition promise mais jamais couchée sur papier, à quelques mois du coup d'envoi.
