ANGLE DOMINANT
Santiago distingue trois fractures dans la crise Infantino : la défection de Wenger, l'ultimatum de l'UEFA et l'accusation de chantage lancée par la Jordanie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Arsène Wenger : « Je n'ai pas participé à ce plan stratégique et j'en ai pris connaissance par la presse », jugeant le retrait du projet FFE « absolument nécessaire ».
- 02
L'UEFA menace de rompre ses relations avec la FIFA si Infantino ne démissionne pas, évoquant un boycott des réunions officielles et un Conseil extraordinaire pour le destituer.
- 03
Le prince jordanien Ali bin Al Hussein accuse Infantino de « chantage », cite des visas refusés, des taxes imposées à la Jordanie et une prime de la Coupe arabe du Qatar impayée depuis décembre.
ANALYSE
Santiago, 6 août 2026. Sans fédération chilienne directement engagée dans l'affrontement, la presse du pays assemble à distance les pièces d'une crise de gouvernance qui secoue la FIFA, en retraçant trois lignes de fracture bien distinctes.
La première vient de l'intérieur même de l'organisation. Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial nommé par Gianni Infantino en 2019, s'est dissocié mardi du projet avorté de vente de participations de la Coupe du monde à des investisseurs privés, un véhicule connu sous le nom de FIFA Forward Enterprise, qui visait à lever 4,2 milliards de dollars pour une opération valorisée à 20 milliards. « Je n'ai pas participé à ce plan stratégique et j'en ai pris connaissance par la presse », a affirmé Wenger, cité par Publimetro Chile, en jugeant le retrait du projet « absolument nécessaire ». Sa mise au point intervient après qu'une lettre des avocats de l'UEFA à Infantino a cité son nom parmi dix-huit dirigeants dont les données et communications doivent être conservées comme preuves potentielles.
La deuxième fracture est institutionnelle : selon La Cuarta, l'UEFA durcit le ton et menace de rompre ses relations avec la FIFA si Infantino ne démissionne pas, évoquant un boycott des réunions officielles et la convocation d'un Conseil extraordinaire pour le destituer. Le rejet du plan de vente aurait été quasi unanime au sein de l'UEFA, de la Concacaf et de la Confédération asiatique.
La troisième fracture vient de Jordanie : selon BioBioChile, le prince Ali bin Al Hussein a accusé Infantino de « chantage » pendant le Mondial et retiré son soutien à sa réélection, dénonçant des visas refusés à des supporters pourtant munis de billets revendus à des prix « exorbitants », des taxes imposées par les autorités américaines à la Jordanie — contrairement aux pays hôtes Canada et Mexique —, et une prime de la Coupe arabe du Qatar toujours impayée depuis décembre malgré les milliards de réserves de la FIFA.
Ce front reste toutefois incomplet : Infantino aurait besoin de 106 voix sur 211 pour sa réélection en mars 2027 et conserverait encore des soutiens ailleurs dans le monde du football.
SOURCES (3)
- BioBioChileMOYEN
- Publimetro CLMOYEN
- La CuartaMOYEN
