ANGLE DOMINANT
Brasília relie la crise d'Infantino au Fifagate qui l'avait porté au pouvoir, et scrute le partage sud-américain du Mondial 2030 révélé par la réunion secrète au Maroc.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le secrétaire général de la Fifa, Mattias Grafström, a adressé aux employés une lettre consultée par l'AFP où il déplore une série d'événements récents au sein de l'institution.
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La Fédération anglaise de football a réclamé, samedi, une « révision complète et robuste » de la direction et de la gouvernance de la Fifa.
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Le Maroc, où s'est tenue la réunion de crise d'Infantino, coaccueillera le Mondial 2030 avec l'Espagne et le Portugal ; l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay recevront chacun un match.
ANALYSE
Brasília, 6 août 2026. La presse brésilienne aborde la crise de Gianni Infantino d'abord par sa logistique, avant son contenu politique. Selon Folha de S.Paulo et UOL Notícias, qui reprennent une dépêche AFP, le président de la Fifa s'est enfermé mercredi dans une réunion de crise avec les hauts responsables de l'institution, au siège africain de la Fifa, dans le complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat. Une journaliste de l'AFP sur place a vu passer plusieurs véhicules, dont trois vans aux vitres teintées, sans accès accordé à la presse. Les motifs exacts du choix du Maroc restent inconnus, notent les médias brésiliens, qui soulignent toutefois un lien concret avec l'Amérique du Sud : le royaume coaccueillera le Mondial 2030 aux côtés de l'Espagne et du Portugal, tandis que l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay recevront chacun une rencontre — un continent replacé dans l'équation d'un scrutin où le Brésil, lui, reste absent des prises de position publiques.
La couverture retrace la mécanique interne de la crise : Infantino, déjà au Maroc la semaine précédente pour la Fête du Trône, avait annoncé la création d'une société externe pour gérer les activités commerciales de la Fifa — dont la Coupe du monde — avec entrée d'investisseurs privés. Dévoilé mardi après avoir fuité, le projet a été retiré face à l'opposition de plusieurs acteurs du football, dont l'Uefa. Plusieurs dirigeants s'en sont distanciés, parmi lesquels Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial, et le secrétaire général Mattias Grafström, qui a adressé aux employés une lettre — consultée par l'AFP — où il déplore une série d'événements récents au sein de l'institution.
Reprenant l'Estadão, la presse brésilienne rapporte que l'Angleterre, le pays de Galles, la Serbie et la Suède ont retiré leur soutien à la réélection d'Infantino. La Fédération anglaise a exigé, samedi, une « révision complète et robuste » de la direction et de la gouvernance de la Fifa ; celle du pays de Galles dénonce un dirigeant qui n'a « pas placé les intérêts du football au premier plan ». L'Estadão relie l'épisode au « Fifagate », l'enquête américaine qui avait fait tomber l'ancienne garde et ouvert la voie à Infantino en 2016 — un précédent que la presse brésilienne, marquée par les scandales de la CBF de la même époque, rappelle en creux.
