ANGLE DOMINANT
Kuala Lumpur retient un effondrement de confiance interne plus qu'un bras de fer entre continents, en isolant les voix dissidentes de la Fifa elle-même.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Arsène Wenger, chef du développement du football mondial à la Fifa depuis 2019 : « la décision de retirer le projet était absolument nécessaire et ne souffrait aucune discussion », précisant ne pas avoir été consulté sur le plan.
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Le secrétaire général Mattias Grafstrom, dans un e-mail interne fuité mardi, qualifie l'épisode de « série d'événements tristes et à déplorer ».
- 03
Le projet Fifa Forward Enterprise visait à lever 4,2 milliards de dollars (17 milliards de RM) en cédant 20 % des droits de la Coupe du monde, avant d'être rejeté par trois confédérations continentales et abandonné samedi.
ANALYSE
Kuala Lumpur, 6 août 2026. Dans la presse malaisienne, qui reprend largement les dépêches AFP via The Sun Malaysia et Malay Mail, la crise de la Fifa n'est pas d'abord lue comme un affrontement entre continents mais comme l'effondrement de la confiance interne autour de Gianni Infantino.
Premier fait mis en avant : la rupture d'Arsène Wenger, chef du développement du football mondial à la Fifa depuis 2019. Le Français juge que « la décision de retirer le projet était absolument nécessaire et ne souffrait aucune discussion », tout en précisant qu'il n'avait pas été associé à ce plan et en avait appris l'existence par la presse — un aveu que les deux titres lisent comme un signe d'opacité dans la gouvernance d'Infantino.
Deuxième pièce retenue : l'e-mail interne du secrétaire général Mattias Grafstrom, fuité mardi et vu par l'AFP, qui qualifie l'épisode de « série d'événements tristes et à déplorer » et rappelle que « l'institution, sa mission et sa responsabilité envers le football mondial perdurent » au-delà des individus. Longtemps proche d'Infantino, Grafstrom est présenté par Malay Mail comme le signal le plus net d'un lâchage venu de l'intérieur de la Fifa.
Sur le plan financier, les deux titres rappellent que le projet — baptisé Fifa Forward Enterprise — visait à céder 20 % des droits de la Coupe du monde pour lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars (17 milliards de RM), sur une valorisation à 20 milliards, avant d'être rejeté par trois confédérations continentales puis abandonné samedi. The Sun relaie ensuite la charge de Luis Figo, publiée dans le Daily Mail, qui qualifie Infantino de « malhonnête » et dénonce « le comportement le plus bas, le plus fourbe » qu'il ait vu dans le football, en réclamant son départ.
Face à ces critiques, Malay Mail note le soutien du Marocain Fouzi Lekjaa, qui a salué une décision « sage » et réaffirmé son appui à Infantino — contrepoint qui explique, selon le journal, pourquoi la réunion de crise avec les dirigeants de la Fifa s'est tenue à Rabat.
Les deux titres notent aussi que la réélection d'Infantino pour un quatrième mandat, jusque-là jugée acquise lors du congrès de mars à Rabat, n'a plus de candidat déclaré pour la contester — signe, selon Malay Mail, que la crise reste avant tout interne à l'institution plutôt qu'un rejet organisé depuis l'extérieur.
SOURCES (2)
- Malay MailMOYEN
- The Sun MYMOYEN
