ANGLE DOMINANT
Buenos Aires isole la prudence de la Conmebol, seule confédération à ne pas trancher sur le sort d'Infantino avant l'abandon du projet.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La Conmebol a été la dernière des six confédérations continentales à réagir au projet « FIFA Forward Enterprise », le faisant seulement pour « demander des clarifications » (MercoPress).
- 02
La Concacaf appelle à un « comprehensive reckoning » de la présidence d'Infantino, la qualifiant d'« acte unilatéral et flagrant de mauvaise gouvernance » (Buenos Aires Herald).
- 03
L'UEFA détient neuf sièges sur 37 au Conseil de la FIFA contre cinq pour la Conmebol, et il faut 19 voix pour convoquer une réunion d'urgence visant Infantino (MercoPress).
ANALYSE
Buenos Aires, 6 août 2026. En Argentine, la crise qui secoue la FIFA se lit d'abord à travers la prudence de la Conmebol, confédération sud-américaine dont le pays est un pilier historique. Selon MercoPress, la Conmebol a été la dernière des six confédérations continentales à se prononcer sur le projet de filiale commerciale « FIFA Forward Enterprise », qui ouvrait les droits des compétitions phares de la FIFA à des investisseurs privés. Elle s'est exprimée samedi 1er août, quelques heures avant qu'Infantino n'annonce le retrait du projet, et seulement pour « demander des clarifications », sans prendre position — contrairement à l'UEFA, à la Concacaf et à l'AFC, qui avaient déjà rejeté le texte.
Cette retenue tranche avec la fermeté affichée ailleurs. Le Buenos Aires Herald relaie l'appel de la Concacaf à un « comprehensive reckoning » de la présidence d'Infantino, qualifiant l'épisode d'« acte unilatéral et flagrant de mauvaise gouvernance » s'inscrivant « dans un schéma de faux pas et de comportements similaires ». L'UEFA, rappelle le journal, a voté le rejet du projet et menacé de boycotter la Coupe du monde s'il était adopté ; son président Aleksander Čeferin a averti qu'« aucune option n'est à exclure » pour l'avenir de la direction de la FIFA.
Selon MercoPress, l'UEFA a aussi adressé une lettre menaçant d'une action en justice, d'un arbitrage ou de plaintes réglementaires, exigeant la conservation de tous les documents liés au projet. Sa vice-présidente Laura McAllister juge le processus de gouvernance « déficient » et espère un changement de direction l'an prochain. Deux voies statutaires existent pour forcer un départ : une réunion d'urgence du Conseil de la FIFA, exigeant la demande de 19 des 37 membres sous deux semaines — l'UEFA y détient neuf sièges, l'AFC sept, l'Afrique six, la Concacaf cinq, la Conmebol cinq et l'Océanie trois, aux côtés d'Infantino et du secrétaire général Mattias Grafström.
L'Argentine relève enfin que la Fédération galloise a retiré son soutien à la candidature d'Infantino pour un quatrième mandat, prévu en mars 2027, tandis que le dirigeant assure avoir entendu tous les points de vue avant d'abandonner le projet.
