ANGLE DOMINANT
Suisse mesure une crise qui se joue près de chez elle : la presse locale traite l'affaire Infantino comme un dossier institutionnel et financier, pas comme un scandale lointain.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la FIFA, qualifie le retrait du projet FFE d'«absolument nécessaire et incontestable» et dit ne pas avoir été impliqué.
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Le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, évoque dans un mail interne consulté par l'AFP «une série d'événements tristes et condamnables».
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Le prince jordanien Ali bin al-Hussein accuse Infantino d'«extorsion» après le non-versement de 4,2 millions de dollars (environ 3,4 millions de francs) dus à sa fédération.
ANALYSE
Berne, 6 août 2026. La presse suisse traite la crise Infantino avec un accès direct aux cadres de la FIFA, entre confidences internes et accusations venues de l'étranger. Le Temps rapporte que plusieurs responsables ont pris leurs distances avec Gianni Infantino après l'abandon, dans la nuit de vendredi à samedi, du projet de société commerciale FIFA Forward Enterprise (FFE), censé ouvrir l'instance à des investisseurs privés. Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la FIFA, juge la décision de retrait «absolument nécessaire et incontestable», précisant n'avoir «pas été impliqué» et en avoir appris l'existence «dans la presse». Le secrétaire général Mattias Grafström évoque, dans un mail interne consulté par l'AFP, «une série d'événements tristes et condamnables».
Le quotidien romand détaille aussi la réunion de crise convoquée par Infantino, à la tête de la FIFA depuis dix ans, au siège africain de l'instance, dans le complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat. La rencontre était fermée à la presse ; une journaliste de l'AFP a seulement vu passer plusieurs véhicules, dont trois vans aux vitres teintées. Le choix du lieu reste flou, sinon la présence d'Infantino dans le royaume la semaine précédente pour la Fête du Trône, et le rôle du Maroc comme coorganisateur, avec l'Espagne et le Portugal, de la Coupe du monde 2030.
SRF News, la télévision publique alémanique, met en avant un angle plus accusateur venu de Jordanie : le prince Ali bin al-Hussein affirme que sa fédération s'est vu réclamer, pendant la Coupe du monde, un soutien à Infantino en échange d'argent dû par la FIFA — 4,2 millions de dollars, environ 3,4 millions de francs, de prime pour la deuxième place à la Coupe arabe de la FIFA. Le prince parle d'«extorsion» («Erpressung») et dit refuser de s'y plier.
La presse suisse ne parle pas d'une seule voix : le récit institutionnel du Temps, centré sur les cadres qui se désolidarisent en interne d'un président candidat à sa réélection en mars, contraste avec la mise en cause frontale relayée par SRF. Les deux titres convergent sur un point : la réunion de crise au Maroc reste l'événement pivot, chacun le couvrant depuis son propre angle.
