ANGLE DOMINANT
Santiago décrypte la débâcle de Friedrich Merz comme le signe d'un chancelier acculé, qui s'accroche au pouvoir malgré l'exclusion inédite de la CDU d'un Landtag.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l'AfD a doublé son score de 2021 pour atteindre près de 38 %, contre environ 36 % au SPD.
- 02
La CDU de Friedrich Merz, sous le seuil des 5 %, perd pour la première fois de son histoire tout siège dans un Landtag régional.
- 03
À Berlin, Die Linke s'impose avec environ 25 % des voix devant la CDU (19-20 %), portée par sa tête de liste Elif Eralp.
ANALYSE
Santiago, 21 septembre 2026. La presse chilienne restitue le double scrutin de dimanche en Allemagne comme la confirmation d'une droite traditionnelle à bout de souffle et d'un pays fracturé entre deux extrêmes. BioBioChile résume la scène en une phrase : le chancelier Friedrich Merz « se aferra al poder » — s'accroche au pouvoir — malgré ce que le média qualifie de « désastre » électoral. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l'Alternative pour l'Allemagne a doublé son score de 2021 pour atteindre près de 38 %, devançant de peu un SPD à environ 36 %, tandis que la CDU s'effondre sous le seuil des 5 % et perd, pour la première fois de son histoire, tout siège dans un Landtag. Le candidat de l'AfD à la présidence régionale, Leif-Erik Holm, revendique un mandat pour gouverner, mais BioBioChile souligne que le cordon sanitaire des autres partis rend l'hypothèse peu viable en l'absence de majorité absolue ; une coalition entre le SPD, Die Linke et les Verts apparaît comme l'issue la plus probable à Schwerin.
À Berlin, le second front retient tout autant l'attention chilienne : Die Linke s'impose avec environ 25 % des voix devant une CDU à 19-20 %, qui gouvernait pourtant la capitale depuis les élections répétées de 2023. El Ciudadano présente ce résultat comme une « victoire historique » survenue « 37 ans après la chute du Mur », et met en avant la figure d'Elif Eralp, tête de liste, décrite comme fille de réfugiés politiques turcs, dont le message est résumé comme portant « amour et justice » face à la haine. Le média y voit le symbole d'une nouvelle ère politique pour la capitale allemande, quand BioBioChile se concentre sur l'arithmétique parlementaire plus froide de Schwerin.
Sur le sort de Friedrich Merz lui-même, la lecture chilienne est sans ambiguïté : le chancelier refuse de démissionner malgré l'effondrement historique de son parti, et annonce qu'il poursuit ses réformes en les présentant comme nécessaires à l'avenir du pays. La CDU, qui avait remporté les élections berlinoises répétées de 2023, se retrouve désormais reléguée dans les deux Länder le même dimanche. La presse chilienne insiste moins sur les conséquences européennes du scrutin — silence quasi total sur l'Ukraine ou l'OTAN — que sur ce paradoxe intérieur allemand : un chancelier fragilisé qui s'accroche au pouvoir, une droite historique éliminée d'un Land pour la première fois de son histoire, et une gauche radicale qui progresse simultanément aux deux extrémités du pays.
