ANGLE DOMINANT
Lisbonne retient un double séisme allemand : l'AfD en tête à l'Est avec environ 38 % des voix, la CDU tombée sous la barre des 5 %, et Friedrich Merz qui promet de rester malgré le "désastre".
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l'AfD obtient environ 38 % des voix selon la projection Forschungsgruppe Wahlen/ZDF, plus du double de son score de 2021 (16,7 %), devant le SPD à 36,5 %.
- 02
La CDU chute à environ 5 %, son pire résultat régional depuis la Seconde Guerre mondiale, risquant l'exclusion inédite d'un Landtag.
- 03
Malgré sa victoire, l'AfD ne peut gouverner : elle obtiendrait 27-28 sièges sur 36 nécessaires, et tous les autres partis rejettent toute coalition avec elle selon le Jornal Económico.
ANALYSE
Lisbonne, 21 septembre 2026. La presse portugaise ouvre grand ses colonnes au double séisme électoral survenu dimanche 20 septembre 2026 outre-Rhin. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) s'impose avec environ 38 % des voix selon la projection de la Forschungsgruppe Wahlen pour la chaîne publique ZDF, plus que doublant son score de 2021 (16,7 %) et devançant le SPD, crédité de 36,5 %. La CDU du chancelier Friedrich Merz s'effondre autour de 5 %, son pire résultat régional depuis la Seconde Guerre mondiale, et risque d'être exclue du Landtag pour la première fois de son histoire.
À Berlin, Die Linke arrive en tête avec environ 24,5 à 25,3 % devant une CDU à 20 %, tandis que l'AfD progresse jusqu'à 15 %. L'Observador cite Merz : « o resultado em Meclemburgo-Pomerânia Ocidental não pode ser ignorado » et « foi um desastre ». Le chancelier a néanmoins écarté toute démission, répétant vouloir « assumir esta responsabilidade » et poursuivre les réformes économiques et sociales promises.
Le Jornal Económico souligne que la victoire de l'AfD reste stérile en sièges : le parti obtiendrait 27 à 28 députés, loin des 36 nécessaires à la majorité absolue, et « todos os outros partidos rejeitam liminarmente coligações com a extrema-direita ». Une nouvelle coalition menée par le SPD, sous la ministre-présidente sortante Manuela Schwesig, apparaît comme l'issue la plus probable, poursuivant l'alliance avec Die Linke déjà en place.
Le site 24 Notícias rappelle qu'environ 2,5 millions d'électeurs étaient inscrits à Berlin et près de 1,3 million en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, une région rurale de l'ex-Allemagne de l'Est, seize mois seulement après l'arrivée au pouvoir de Merz. Le même média note que la popularité personnelle du chancelier avait déjà chuté de 10 %, sur fond de croissance économique en panne et de promesses fiscales non tenues.
Le SAPO rappelle enfin que Merz avait déjà résisté aux appels à la démission après la percée de l'AfD en Saxe-Anhalt, deux semaines plus tôt, et qu'il avait promis d'aller « au bout des quatre ans » de son mandat. Pour les rédactions lisboètes, l'événement dépasse la seule politique intérieure allemande : c'est la solidité même de la coalition Merz qui est mise en cause, avec des répercussions possibles sur la capacité de Berlin à peser dans l'Union européenne.
SOURCES (3)
- ObservadorMOYEN
- SAPO NotíciasMOYEN
- Jornal EconómicoMOYEN
