ANGLE DOMINANT
Athènes retient surtout la portée européenne du double scrutin allemand : un chancelier affaibli et une gauche berlinoise, via Die Linke, qui électrise la gauche du continent.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
En Mecklembourg-Poméranie, l'AfD obtient environ 38% des voix, plus du double de son score d'il y a cinq ans, selon To Vima.
- 02
La CDU de Friedrich Merz, sous le seuil de 5%, sort pour la première fois de son histoire d'un Landtag - sa pire performance régionale depuis 1949 (To Vima).
- 03
A Berlin, Die Linke, menée par Elif Eralp, arrive en tête avec 25,3%, portée par 48% des 16-29 ans (To Vima).
ANALYSE
Athènes, 21 septembre 2026. Le double scrutin de dimanche en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin est lu dans la presse grecque moins comme une affaire intérieure allemande que comme un signal envoyé à toute l'Europe. To Vima titre sur des « urnes doubles » qui « concernent toute l'Europe », évoquant une image « dystopique, sinon dangereuse », où se combinent la percée de l'extrême droite, les records négatifs répétés de la CDU, la morosité économique et un chancelier qui ignore encore s'il compte ses jours.
En Mecklembourg-Poméranie, l'AfD dépasse le SPD de Manuela Schwesig et s'impose autour de 38%, plus du double de son score d'il y a cinq ans, tandis que la CDU de Friedrich Merz, sous le seuil des 5%, sort pour la première fois de son histoire d'un Landtag - sa pire performance régionale depuis 1949, selon To Vima. A Berlin, c'est l'inverse qui frappe : Die Linke, portée par l'avocate d'origine turque Elif Eralp, 45 ans, arrive en tête avec 25,3%, devant la CDU (environ 20%), l'AfD progressant elle aussi autour de 15-16%. To Vima la surnomme « la Mamdani de Berlin » et souligne que 48% des 16-29 ans ont voté pour elle.
Cette victoire résonne particulièrement à Athènes : Syriza salue, dans un communiqué relayé par Naftemporiki, « une victoire historique pour la gauche » de son « parti frère » Die Linke, qui ouvre selon lui « de nouveaux chemins pour la gauche européenne » face à une extrême droite en constante progression. Naftemporiki relaie aussi l'appel d'Alice Weidel à ce que la CDU lève son « mur de protection » contre l'AfD, la coprésidente jugeant Merz affaibli en partie parce qu'il refuse toute coopération avec son parti.
Merz, cité par Naftemporiki et Protothema, a qualifié le résultat de catastrophe pour son parti tout en annonçant qu'il resterait en poste, huit ministres-présidents régionaux l'ayant publiquement soutenu - Protothema relève qu'il reste non parce que les urnes ont validé sa politique, mais faute d'alternative agréée au sein de la CDU. Naftemporiki détaille par ailleurs le profil des électeurs de l'AfD : lors des législatives de 2025, le parti a recueilli 38% chez les ouvriers et 34% chez les chômeurs, mais ces deux catégories ne représentent qu'un quart de son électorat total.
SOURCES (3)
- NaftemporikiMOYEN
- To VimaMOYEN
- ProtothemaMOYEN
